L’immortelle


L’immortelle

L’immortelle

 

J’ai vu, parmi les ombres pâles, une immortelle,

Glissant, comme un voile, sur les rameaux diffus,

Lorsque la mousse s’écoule sur ses pétales confus,

Rougissant quand l’air humide la lumière dentelle.

 

D’un geste lent, la fleur cerne l’invisible cendre,

Sous le regard discret des cieux, sertis de diamants,

Où, par hasard, tournent les ailes roses des flamants,

Qui empourpre, délicatement, sa corolle tendre.

 

Par une subtile fraîcheur la main effleure l’ombelle,

Affligée de pli en pli, jusqu’à ses rebords froissés,

Qui, si doux, se penchent vers les limbes angoissés,

Murmurant leurs frémis, délicieuse musique rebelle.

 

Dans son nid mielleux, se mire la lune blanche,

Les flammes de l’horizon, les nuages velouteux,

Les fiévreuses ténèbres, les vertiges duveteux,

L’éternel abysse, si vaste, issu de son âme étanche.

 

© Liz

Étincelle d’éternité


Étincelle d’éternité

Étincelle d’éternité

 

D’un souffle, la nouvelle aube enrobe les ombres,

Par ses chants, ses rayons roses et ses rêves dorés,

Sous les voiles émaillés buvant le vermeil revigoré,

Le calme se pose sur le feuillage touffu, sombre.

 

La douceur enlace la chair noire des murailles,

Tordue par les vents lassés qui agonisent et veillent,

Les tressaillements des nuées qui encor sommeillent,

Au nid des frôlements muets, coiffés par des ailes.

 

Les songes naufragés s’allongent au fond des rides,

Mystérieuse et solitaire la pensée fouille les flancs,

Là, où gisent les tourmentes saupoudrées de blanc,

Quand le parfum d’émoi s’en vient derrière l’abside.

 

Aux confins des horizons s’achève la mélopée,

Et s’émeut le regard quand les feux, sous le vent,

Volettent en dentelle, arrachant aux miroitements,

Le secret d’une petite étincelle, d’éternité drapée.

 

©  Liz  10 janvier 2014

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