Rêves bousculés


Rêves bousculés

Rêves bousculés

 

Le soir descend, frémit parmi les rocs sauvages,

Au milieu des flots brisés contre les rives hantées,

Où le velours moutonneux des étoiles argentées,

Caresse, d’un seule mouvement, l’onde en sevrage.

 

La lune pâle et triste pleure au creux du firmament,

Penchant, entre les gerbes d’ombres, sa silhouette,

Sur les sommets, le vertige s’endorme en pirouette,

Lors, près de l’horizon, la nuit dépose son testament.

 

Au long du chemin frayé, la brume darde le rosier,

De pétale en pétale elle glisse, rampe et entonne,

Autour d’un rideau apparent que l’orée festonne,

Tombant au cœur des calices pour les anesthésier.

 

Les vagues lourdes du matin déferlent sur le visage,

Bousculant les rêves errants, les aubes fragiles,

Tandis qu’au creux de ta nuque ma lèvre jubile,

Frémissant aux battements du cœur en naufrage.

©  Liz

Le temps d’un silence


Le temps d’un silence

Le temps d’un silence

 

Tout près de moi, soupirant son ultime désir,

Le silence s’agrippe aux invisibles turbulences,

Rythmé à l’odeur pure, envoûtante truculence,

Plongée dans le vertige charnu d’un fou plaisir.

 

Mes bras se voilent par les effluves suspendus,

A la croisée des mots, au roulis d’une nuit étoilée,

Sous l’assiège des vagues apeurées, désentoilées,

Pour fondre les soupirs de tes rêves inattendus.

 

Aux bords de tes paupières mon corps s’échoue,

Et le temps ruisselle sur ma paume vide d’histoire,

En s’émerveillant des avalanches prémonitoires,

Lorsque les dés jetés percent l’infini qui se dénoue.

 

Silencieuse, j’invite la magie et ses mystères,

Quand le cœur s’égrène dans les flaques de lune,

Et les battements ensorcellent le vide des dunes,

Juste le temps d’un silence que j’ai laissé derrière.

 

©  Liz

Comme un pli dans le temps


Comme un pli dans le temps

Comme un pli dans le temps

 

J’ai attrapé de mes doigts le vent, puis de mes lèvres

Le chuchotis rayonnant de la lune, les soirs veloutés,

Qui enivrent de mystère et désir les rêves déroutés,

Par le vertige du levant lors l’aube s’emperle de fièvre.

 

D’un bruit doux, d’un blanc pur, le jour satine l’étoile, 

Averse d’orfèvre, cortège faïencé au-delà des nuages, 

Quand le silence revenu sillonne en délicat tatouage,

Sur les rebords des cieux, là où se tisse la nouvelle toile.

 

Au milieu des flots argentés s’enlacent les pensées,

Trempées à ton regard qui bleuit les rivages épongés,

Dans ce calme qui émeut et luit tel que j’aie songé,

En frémis du tendre, ondée sur la bouche encensée.

 

Solitaire, le soleil tresse l’or sur les âmes épousées,

Flammeroles vacillant vers l’infini, en teints écarlates,

Sur chaque crépuscule du matin, sur les paysages plats,

Pliés dans le temps par la pointe de l’aiguille émoussée.  

 

©  Liz

Vertige des paupières


Vertige des paupières

Vertige des paupières

 

Sous mes paupières mi-closes le rêve se pose,

Ribambelle de vagues qui frôle la peau, l’auréole,

Vertiges qui s’enfuient en insomnies bénévoles,  

Aux lignes de ma paume où le bonheur captif éclose.

 

Tel le murmure des chutes qui saigne leur espoir,

L’âme errante s’agrippe aux avalanches éternelles,

Dans un silence tumultueux au centre des prunelles,

Quand la nuée atteint les bornes de l’aérien couloir.

 

En flammes dévorantes l’infini crépite ses vœux,

Aux milles charmes dévoilés par l’aube désirée,

Soupirant en passions embrassées, rafales mirées

Dans les reflets vermeils qui descendent en feux.

 

Devant les bises du matin mon cœur t’effleure,

Et le souffle d’un baiser incendie la poussière,

Drapant de soie et d’or l’éclat ingénu des tanières,

Tandis que le regard éveille les draps qui pleurent.

 

©  Liz  15 janvier 2014

Le temps du bonheur


Le temps du bonheur

Le temps du bonheur

 

Lorsque mon toit embrumé s’ouvre sur ta ligne de vie,

Sous l’orage, je serais poser la délicate dentelle du jour,

Au déclin des vertiges, aux rebords de ton regard pur,

A l’émoi de l’infini qui fait bourdonner l’azur d’envie.

 

Aux frémis satinés, l’émotion s’enroule et tangue,

Ton nom est dans mes veines ouvertes à tous vents,

Ainsi ma main épouse la tienne, tels les nœuds des rubans,

Quand ton rire tresse des perles sur mes joues dingues.

 

Dans le calme d’un assoupissement je sais la candeur,

Murmures bleus fleurissent sur la peau du berceau,

Où le baiser s’écrase sur la hanche comme un sceau,

Et le silence vient gonfler la lèvre qui rougit d’ardeur.

 

Dans le cœur brûlé de songes jaillit l’agonie d’automne,

Et mon souffle devient paillettes aux creux du couchant,

Coulée jaspées des feuilles dans un adieu attendrissant,

Mon corps se vide, mes larmes se collent sur des icônes.

 

©  Liz  13 octobre 2013

Vertige muet d’un sortilège


Vertige muet d’un sortilège

Vertige muet d’un sortilège

 

Sur la route embrouillée de son destin profané,

Le regard cherche impuissant l’étincelle fracassée

Par un vent impétueux, incendiant l’aube tracassée,

Lorsqu’à l’heure du départ, l’orée coule son or fané.

 

Juste le temps d’un silence et la nuée dévore le bleu, 

Bouleversée par la cambrure envoûtante de la mer,

Nuances voilées, odeurs brûlées au bord d’une prière,

Avant que le soleil attristé part veiller d’autres enfeus.

 

Vers l’horizon, si loin, dans une étreinte l’ennui pâlit,

Chute murmuré, éclats d’ombres agonissant la nuit,

Larmes qui s’enlacent, tristesse fragilisée, sans bruits,

D’une ondée diaphane, voguant sur ce qu’on n’a pas dit.

 

D’un vœu, l’étoile filante a osé guérir les sortilèges,

Qui tanguent sous les paupières d’une lune émiettée,

Crispée d’effroi, évanouie sous les écumes fouettées,

Déluge où meurent les rêves orphelins, triste sacrilège.

© Liz 26 decembre 2012

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