Jusqu’au creux du vent


Jusqu’au creux du vent

Jusqu’au creux du vent

 

Ce soir, sur les toits brouillés des lunes rêveuses,

J’entends la pluie, frileuse flûte chargée de chagrin,

Qui s’enveloppent, tout près, d’un silence pérégrin,  

Avant de s’endormir au creux de la nuit caverneuse.

 

Là-haut, une perle pâle, telle une cicatrice blanche,

Entre deux rêves, dans l’écrin feutré des cieux brisés,

Luisante torpeur dans l’émeraude des regards hissés,

Qui palpite, légère caresse sur les fissures qui flanchent.

 

Sur le dos des reflets opalins mourant en floraison,

Le bruit du temps pressé résonne en vibration vide,

Emprisonnant une mélodie qui embellit le teint livide,

De chaque couleur dévorée par la dernière saison.   

 

À la descente précipitée, cambrée des silhouettes,

L’âme pâmée vagabonde sur des vagues sourires,

Dans un ailleurs apprivoisé par son ombre en délire,

Jusqu’au creux du vent où se brise l’aile des alouettes.

 

©  Liz

Par-devant de ta route…


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Par-devant de ta route…

Par-devant de ta route…

 

En ce jour sans pareil, gorgé de bonheur, je passe,

Près de ton cœur, sans bruits, invisible silhouette,

Suspendue dans un petit coin bleu de ton oreillette,

Juste le temps de démêler mes mots qui s’entassent.

 

Je passe, en ricochet fébrile, en souffle qui signe,

D’un battement de cils, d’une perle sur ta bouche,

Comme lettre d’encrage en bout de ligne farouche,

Avant qu’il ne soit déjà trop tard mes vers s’alignent.

 

En souffle qui signe, je passe, parfum effervescent,

Au pied de l’aurore, sur le chemin doré des coupelles,

Loger tes paupières, perler le fond de tes prunelles,

Où mon cœur se perd dans un abandon opalescent.

 

En parfum effervescent, en frémis qui borde le ciel,

Par-devant de ta route, je passe, coup de hasard, d’envie,

Feuilleter les chuchotis, le reste d’ombres poursuivies,

Secouant l’écume des heures, dénouant l’essentiel.

 

En frémis qui borde le ciel, en courbures de tendre,

Je passe, en gage d’amitié, te gâter de mille brassées,

Savourant le nid des silences de nos voix embrassées,

Habiter l’azur des regards qui s’enfilent, idyllique cadre.

 

En courbures de tendre, je passe, en vœu émissaire,

En ce jour, lors ton rire se tresse en gouttes des joies,

Je passe chez toi, accrocher sur ton fil paillettes de soie,

Et du bout des doigts te souffler un joyeux anniversaire.

 

 

©  Liz

A l’abri des regrets


A l’abri des regrets

A l’abri des regrets

 

Tandis que le sourire s’ondule comme une fleurette,

Lorsque la brume se cache pour priser la joie des jours,

Un petit brin d’amour éclot et traverse le bleu d’azur,

Vers le frémis du soir avançant en douceur de violette.

 

En agonie, un bout de mon cœur s’écaille à ta lisière,

Le temps se vide, secoué par les songes insipides,

Sous les cordes argentées, greffées au ciel limpide,

Pour un instant, j’ai déchiré les mailles des barrières.

 

Au seuil des brouillards surgit ton image irréelle,

Des cris cotonnés d’absence, le froid d’un naufrage,

Des bruits enserrés, infiltrés a détruire les barrages,

Pour que je capte les émois en teinte d’aquarelle.

 

Sur les remparts sereins grimpe la nouvelle sève,

L’âme écartée des orages couronne la porte du réveil,

Dont le parfum ambré fait naître l’étoile, sans pareil,

Penchant au loin, calme, sans mouvement de grève.

 

La nuit s’agrippe à l’horizon, telle une silhouette,

A l’abri des regrets, hissée au-delà des bonheurs,

Vers l’orée de tes yeux où s’ancre fébrile mon cœur,

Autour de ton cou où ma lèvre vertige en pirouette.

 

 

©  Liz

Élixir éphémère


Élixir éphémère

Élixir éphémère

 

En gouttes de plaisir la lune crépite l’élixir éphémère,

Au loin, vers les lisières nues, gonflées par les torpeurs,

Tandis que la nuit muette frissonne gorgée de stupeur,

Avant que les étoiles s’effilent dans mon sourire amer.

 

Tantôt, l’ébauche tracée du bout de doigts funambules,

Défile sur mon front, soupirs sépia jouant à la séduction,

Dans la lenteur des voiles déployées par la prédiction,

Qui grimpe en fantaisie blanche d’un rêve noctambule.

 

Les regards défont les nœuds du langage de nous deux,

Et encore les chemins se plient aux creux de nos mains,

Où les perles du bonheur éparpillent les paroles vaines,

Vers le néant,  qui nous bercent sous l’écorce des cieux.

 

Aux confins voilés des ombres où les songes reposent,

Là, où se brode l’éclat gracieux d’une bleue silhouette,

Je reste suspendue,  vêtue de ta bouche qui guette,

 Le vertige des cimes, l’ivresse des cendres qui explosent.

 

©  Liz 21 juin 2013

 

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