Elle restait là…


Elle restait là…

Elle restait là…

*

Les pensées tissées aux paupières, les rêves effilochés,

Elle restait là, cherchant parmi quelques taches de rosée,

Tous ses mots oubliés, ses phrases au bas du ciel apposées,

En ce jour lors, pour un instant, à son cœur il s’est empoché.

*

Les bras essoufflés, l’âme aux toits des chemins piétinés,

Elle restait là, accrochée aux boutures de cette vie vantée,

À ses larmes entremêlées, aux rires de poussière diamantée, 

Ce jour lors, juste un instant, d’un baiser son cou il a satiné.

*

Les yeux remplis de son passé, le bout des doigts pliés,

Elle restait là, fouillant ses souvenirs, les heures vidées,

Ce temps qui se déchire, les lignes de ses paumes ridées,

En ce jour lors, dans un bref instant, à son destin il s’est lié.

*

Les secrets portés au loin, bercés par ce silence écœuré,

Elle restait là, au pied de l’arc-en-ciel, une étincelle brisée,    

La peau ensablée de désir, éloignée de l’éternité grisée,

Ce jour-là, un seul instant, d’un souffle son corps il a effleuré.  

*

© Liz

Dans un frisson


Dans un frisson

Dans un frisson

 

Lors les heures silencieuses tapissent le soir,

Une douce brise frôle les fleurs d’aubépine,

La nuit, calme, traverse les rideaux à crépine,

Tandis que l’éternel oubli traîne devant le miroir.

 

Le bruit sec des rumeurs foule le crépuscule,

Et l’ombre chuchote aux murs sa lourde peine,

Le ciel dérobe les secrets des lunes sereines,

Qui tombent en brindilles de rêves minuscules.

 

Bien loin, les lisières déferlent dans les abîmes,

Tandis qu’une perle berce le frisson, quelle joie,

L’émoi est là, fragile, entre ses draps de soie,

Aux méandres de l’infini il est confident intime.

 

Sur les toits, des voix, pareilles aux flots béants,

Quand dans sa robe de brocart l’étoile argentée,

Bouscule les vents frais et l’aube fragmentée

Par les ailes des anges qui tresse un collier géant.

© Liz

Est-ce ton regard ?


Est-ce ton regard

Est-ce ton regard ?

 

Par les chemins secrets soupirant leurs pensées,

Au-delà des cieux qui glissent au fond du néant,

Sous les hautes nuées esquissées en traits géants,

S’effeuille le silence, taché de louanges encensées.

 

En coup de vent, l’âme effarouchée tire l’alarme,

Quand au bout des cils salés mes émois s’installent,

Tels dunes désertes nimbés de pleurs qui ballent,

L’écrin de la douceur dévêtu par la brise des larmes.

 

A l’orée de nos mondes mes roses en bandoulière,

Ficellent, sans craintes, les songes avant d’éclore,

Tout autour, dans l’obscurité, les mots implorent,

L’onde jaillissante où les voix s’ébattent en sablière.

 

Suspendu au fil des aubes, de pourpre transparente,

Est-ce ton regard pressé qui frisson sous l’ombre rose?

Accrochant les rêves à égrener les sourires moroses,

Bercé par l’émotion enflammée des lèvres incohérentes.

 

© Liz    

Au bout de la peine


Au bout de la peine

Au bout de la peine

 

Ce soir, le silence frémit ondulant la pâleur de la lune, 

Au creux des miroitements où crépitent les feux voraces,

Sous la morsure des vents, des anciens secrets fugaces,

Ce soir, tachant les draps d’une larme de sang, à la brune.

 

Ce soir, le calme s’enrage, se déchire, se gorge de fièvre,

Sur les vieilles pierres des murs qui soupirent en chœur,

Leurs tragédies, le passage obscur du sort empoisonneur,

Sur les parois d’un cœur sans amour, fissurant les lèvres.

 

Ce soir, les fleurs des champs défripent leurs robes,

Quand, la silhouette de l’horizon bleu ourlé de rêves,

Passe telle une caresse sur les pétales où le jour s’achève,

Gardant dans leurs corolles le miel que l’âme dérobe.

  

Ce soir, ce n’est pas trop tard à éparpiller la tendresse,

Sur le hasard des pas lourds qui gravent les chemins,

Au-dessus de rutilances de la nuit, vers l’aube du destin,

Aux charmes inaperçus, aux rayons qui couronne l’ivresse.

©  Liz

Dans le calme des silences


Dans le calme des silences

Dans le calme des silences

 

De tous ces rêves arpentés du bout de ma plume,

Les cils suspendent celui qui greffe le bleu des yeux, 

Dans les abysses du cœur, aux chagrins écailleux,

Lors la tristesse plane trop souvent, telle la brume.

 

Dans les mains vide de toi, où tonnent les douleurs,

L’émoi livide s’infiltre jusqu’aux secrets des doigts,

A couronner les fibres d’un souffle qui pâlit d’effroi,

Sans mots, a faire fleurir les bruits de vives couleurs.

 

De tous ces fantômes ancrés aux pores des nuits,

Dans l’obscurité bouillonnante, comme lave du volcan,

Qui tremble, agonise, pour orner le lendemain boucan,

Je garde celle qui me hante et sur la peau s’évanouit.

 

Dans le calme des silences, des soirées vaporeuses,

Le velours des lèvres s’effeuillent dans l’œil dévoilé,

Pour que les mystères des rayons de lune dansent ailé,

Quand les cigales chantent sous les branches creuses.   

 

©  Liz

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