Cœur d’automne


Cœur d’automne

Cœur d’automne

*

Dans ses yeux flottait cette nuit drapée par les nuages,

Quelques cris de colère, des empreintes parfois invisibles,

Le souvenir d’un bonheur dévasté par les aubes troubles,

Le chaos des feuilles d’automne ensanglantées de tatouage.

*

Dans son sourire glissait cette absence voilée de pleurs,

Des instants naissant quelque part, attisant la noirceur,

Lors, autour de son cœur s’enroule un ruban de douceur,

Et une caresse passagère en réponse à cet amour bluffeur. 

*

Dans ses souvenirs berçait cette lueur étouffée du vide,

Si proche des errances chimériques, des rêves stériles,

Impressionnée par la beauté des mouvements fébriles,

Qui s’échoue, au-delà, tissant en fils de soie le sort aride.

*

Dans son âme blottissait cette grâce nimbée d’amour,

À la portée de l’univers,  à travers la pensée et sa sève,

Dessinant de jolies courbes argentées, figées sur la grève,

Délivrant l’ultime murmure, sans un soupir et sans détour.

*

    © Liz 

Le frisson de l’atteinte


Le frisson de l’atteinte

Le frisson de l’atteinte

 

Lors de l’écho du passé la vague étiolée se calme,

Une lueur s’ébat sur la crête des nuages pourprés,

Tamisant le bonheur en poudre des mots diaprés,

Au contour des lèvres où le désir remporte la palme.

 

Alors, je viens vers toi, sur tes terres lointaines,

Troublée par le parfum brûlé des rêves revenus, 

Près du chemin dénudé par les pas qui sont advenus,

À la vieille source, d’où jaillisse l’eau des fontaines.

 

Tantôt, mes vers miellés glissent au pli de la brise,

Légers, escortés par l’errance qui vient surprendre,

Lorsque mon cœur rosit sous des baisers tendres,

Célébrant le retour d’une forte émotion qui agonise.

 

Dans mes yeux ton sourire berce son empreinte,

Et le silence s’émiette sur les vastes déserts ronds,

Quand je te sens tel un faisceau de rayons blonds,

Sur mes souvenirs qui frissonnent dans l’atteinte.

 

© Liz

Sur la toile remuée


Sur la toile remuée

Sur la toile remuée 

 

Une première lueur bruine sur les collines,

Et l’horizon souffle sa gerbe de rêves charnus, 

Tantôt, le vent frémit sur l’ambre des jours nus,

Sur l’aube épuisée au creux des âmes orphelines.

 

Timide, le ciel se tasse et tombe en gouttes,

Sur le feuillage épais et sombre, taché de roux,

Quel triste cortège au long du chemin cailloux,

Où chaque feuille regrette, tremble et chahute.

 

Langoureux, l’émoi se déploie d’insouciance,

Sanglote doucement, engloutissant le sortilège, 

Se penche en clapotis sur les rives des florilèges,

Au cœur d’un décor suave, empourpré d’errances.

 

La tiédeur des vagues caresse la fleur assoupie,

Lors les songes muets s’élancent en faisceaux,

Courbés par les baisers égouttés des pinceaux,

Sur la toile remuée où l’ombre glisse et s’accroupie.

 

© Liz

Sous les vieux arceaux


Sous les vieux arceaux

Sous les vieux arceaux

 

Le soleil d’été brûle le frémis des matins clairs,

Au creux des silences, sur les feuilles argentées,

Parmi les heures qui glissent en mailles tricotées,

Vers l’horizon épais, hanté par la lueur des éclairs.

 

L’orage gronde parmi les murmures des arbres,

Et tombe en tourbillon sur leurs écorces tachées,  

Au-dessus des rêves éteints, des ombres archées,

Où quelques nuées s’électrisent en reflets d’ambre.

 

Sur le mur blanc les bruits émiettent un brin d’air,

La lumière en feu reluit en-haut de la colline clouée, 

Tandis que la fraîcheur berce l’onde a la fleur vouée,

Attendant qu’on la voile d’un azur en teintes de chair.

 

Le ciel se perle de clarté, traverse les arceaux sobres,

Penchés sur la sérénité, qui carillonne, abandonnée, 

Lors le jour crépite au fond d’une mélopée vermillonnée,

Au loin, enfin, l’aube pâle s’allonge dans l’œil sombre.

 

© Liz

J’aimerais tant…avant de partir…


J’aimerais tant…avant de partir…

J’aimerais tant…avant de partir…

 

J’aimerais dire des mots simples, naissant de mon regard,

Lors il fait froid et mon âme s’attarde sous la voûte pleurée,

Déluge des mots perçant les dernières lueurs apeurées,

Tâtonnant la couche de l’aurore, bruissant mon visage hagard.

 

Je te dirais des mots doux à combler les assauts du silence,

Des mots rêvant d’une nuit nichée en chaque fibre de ta peau,

Cachés dans la solitude tamisée, abattant en coups d’asseau

Les peines saignées, le vide glacé qui tombe en somnolence.

 

J’aimerais te dire des mots tendresse pour oublier mes maux,

Inlassables flots esseulés, murmurant  leurs douleurs abîmées,

Des mots qui au gré de mon désert frôlent ta bouche aimée,

Éteignant la lumière des réverbères si fidèles à mon tombeau.

 

Simplement des mots à moi, tornade déchaînée, avant de partir,

Telle une tache noire au ciel à l’approche de mon ombre tombante

Sur les murs isolés de cette vie, géant passage qui me hante.

J’aimerais tant… t’enlacer de mes mots déferlés, avant de partir…

© Liz 04 janvier 2013

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