Caresse lavande


Caresse lavande

Caresse lavande

 

En cette nuit gorgée de fièvres en bouquets,

Qui fait frémir l’œil d’une tendresse vorace,

Le ciel se tapisse de chants, ondulant de grâce,

Et le cœur scintille de joie comme un bleuet.

 

L’ivresse frôle les fissures nues des abysses,

Et les rêves fleurissent, O, esquisse de soie,

Sur les corps abandonnés, robe qui flamboie,  

Sur la peau et le souffle, décor qui s’éternise.

 

Je sais la magie qui soupire et mord le soir,

Quand les draps se déchirent et l’âme erre,   

Aux creux du sort qui danse sur les pierres,

Capturant le feu d’une larme dans le miroir.

 

Sous l’or qui vêt les murs lourds de silence,

Ton parfum s’effeuille sur ma lèvre brûlante,

Caresse aux arômes de lavande, troublante,

Éclat qui s’épanouit dans les regards rapaces.  

 

©  Liz 19 juillet 2013

Ébauche faïencée


Ébauche faïencée

Ébauche faïencée

 

Au pied des nuages ourlés d’une gracieuse rosée,

L’aube gémit son éclat sur les pétales mouillés,

Qui trémulent, tressaillent, se plient dans l’air rouillé,

Ondoyant les reflets faïencés de leurs pensées osées.

 

Les rayons dorés cachent la pâleur fragile du ciel,

Quand l’aile frissonnante d’un ange protège la lune

Courbée à l’orée des horizons fendus dans les dunes,

Où, sous le vent, les fissures s’embouchent du miel.

 

Mes yeux se sont fardés d’une gouttelette de bleu,

Et le cœur peint l’ombre de son rythme aux tempes,

Lors sur le corps, les mots deviennent farouche estampe,

Et les doigts meurent sur la peau d’où éclore le feu.

 

Le souffle du matin berce un baiser sur mon épaule,

À vouloir dérober encore l’ivresse des âmes affiliées,

Perlant la vie qui renaît aux pores des voûtes aliénées,

Au gré de l’aurore, où le soleil luit en pleurs de saule. 

© Liz 14 mars 2013

Repeindre la vie


Repeindre la vie

Repeindre la vie

 

Combien de fois j’ai vu les couleurs se lier entre elles,

Sous le souffle d’un renouveau qui éclairci le brouillard,

Mystérieux printemps effleurant le temps débrouillard, 

Éloignant les ombres pétrifiées par une tristesse mortelle.

 

Dans le chaos des voix crispées sous les toits éplorées,

Les souvenirs s’entremêlent à l’orée de nuages égarés,

Là où leurs traces séchées s’effacent devant l’éclat taré,  

D’une sorte de miroir miraculé, reflets d’une aube dorée.

 

Combien de fois j’ai repris la vie d’où je l’ai laissé, entière,

Tout y est, même le rire qui s’est figé aux creux de tes bras,

En cette nuit au parfum d’amour rivé sur le velours des pas,

Quand l’étincelle s’est posée en mon âme dénudée de poussière.  

 

Mon regard trébuche encore le bord d’un chemin en doute,

Et l’encre coule du ciel vers ce ravin éloigné de mes yeux brûlés,

Les dernières heures tremblent dans le baiser de sourires adulés,

Tandis que le vent emporte la brise vers un demain qui déboute.

 

Combien de fois j’ai pointé à l’horizon le sceau de ma prière,

Poursuivant la lumière intouchable au-delà de tous les nuages,

Lorsque de nouveau l’éternité rêve d’un retour en afflouage,

Apposant sa source sur les fissures incrustées à ma frontière.

 ©  Liz 17 janvier 2013

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