Elle regardait…


Elle regardait…

Elle regardait…

 

Les yeux perdus, fardés par les teintes d’automne,

L’émotion aux bouts des doigts, les rêves dans l’âme,

Elle regardait les feuilles tomber, ébréchant la trame

Des cieux grisés, dévastés par la rage des cyclones.

 

La vie au bord des larmes, elle effleurait le souvenir,

Au-delà de tous horizons, de toutes lettres chuchotées,

Du bruissement des vers murmurés, flamme dorlotée,

Qu’elle espère faire sienne devant l’intouchable avenir.

 

Dans l’ombre, son regard s’écrase d’un songe velouté,

La paix frisonne sous l’onde d’une fabuleuse fontaine,

Ou seul le baiser tourmenté par ses lèvres porcelaines,

Exhale le silence qui craque sous les corps envoûtés. 

 

Une dernière romance s’évanouie au fond du cœur,

Amassant les mots, fièvres automnales en fusion,

Sous sa plume écorchée, ou naît le fruit de sa passion,

Dans l’essence de la candeur d’un instant berceur.  

 

©  Liz  21 septembre 2013

L’amour d’outre rive


L’amour d’outre rive

L’amour d’outre rive

 

 

Aux bruits du cœur, tels des pétales mystérieux,

Tatoués en moi, aux pores de ma peau embrouillée,

La nuit devient corbeille d’étoiles, beauté effeuillée

Par les cils étonnés des regards cernées et curieux.

 

Le crépuscule se dresse, surplombant le ciel courbé,

A la croisée des dunes poudrées par l’or des lunes,

Vers l’oasis des paupières veloutées, rousses lagunes

D’une saison brûlée a l’orée des horizons engerbés.

 

Près des éclats, l’âme survole l’infini diamanté,

Penchée sur la nuée blanche, couronnant les cimes,

Tombant en miroitement éthéré, en coulée sublime,

Au fond des corolles, bonheur dans le jardin bleuté.    

 

Au-dessus des plaies, aux pieds des lieux sacrés,

La rosée jaillit, réveil d’une destinée un peu bizarre,

Où les cœurs esseulés s’enrochent sous les amarres

D’un aveu muet, tordu, qui périt dans l’œil nacré.

 

En ces jours bénis où le soleil pleur le rêve damné,

L’amour éclot, sous la peau, comme une fleur d’ancolie,

Sur le visage de parchemin se meurt la mélancolie,

Tandis que les vieux tourments se balancent condamnés.

 

©  Liz  23 août 2013

Vers toi


Vers toi

Vers toi

 

Vers ce regard où luit la lune ronde qui s’éveille,

Quand le ciel fleurit sous les célestes flambeaux,

Là où bruissent les horizons en doux sons abyssaux,

Mon cœur penche, chute dans ta main qui veille.

 

Contre les mystères des nuits vêtues de voiles,

Au fond de mes paupières ornées de coquillages,

Ruissèlent les songes sous une parure de feuillage,

Au-delà de doutes qui meurent en pluie d’étoiles.

 

 Vers ce désir tendre qui trémousse l’aile de l’aube,

Porteur d’ivresse, perlant l’œil d’un souffle matinal,

Vient l’émoi de mes mots assoiffés, vacarme infernal,

Déferlant sur ta peau mille éclats satinés et l’enrobe.    

 

Contre les tristesses enlacées qui effeuille l’âme,

Virevolte épanoui ton doux sourire, béatement,

Comme un accroche-cœur,  ondoyant lentement,

Éparpillant tendresse en perles d’ivoire qui pâment.   

 

©  Liz  02 juillet 2013

Née de ton sourire


Née de ton sourire

Née de ton sourire

 

Courbée dans l’anse de ton sourire, mon âme,

Tel un souvenir joyeux troublant les yeux hagards,

Qui se sont tus au bout de mes doigts flambards,

Roulant nus dans l’ombre, exhalant leurs flammes.

 

Parmi les anciens horizons, tu es mon âme jumelle,

Bercée par le doux parfum de nos instants éblouis, 

A l’arrivé des mots ambrés, souvent épanouis,

En pétales de rires, de pleurs, en nid d’étincelles.

 

Blottie dans ton regard, telle une larme perlée,

Scintillant dans tes pupilles, perçant les nœuds,

Quand mes chagrins sont ramassés en cordon-bleu,

Au plus vite pourprées des roses, d’étoiles ourlées.

 

Au cœur de ces soirées où craquellent les heures,

Les murmures s’oublient, coincés derrière les cieux,

Sous leurs frissons, la nuée opaque appelle les dieux,

Pour que nos âmes changent, sans péril, la demeure.    

 

A l’abri des tristesses, j’effeuille l’émoi sur tes lèvres,

Moments exquises, au gout de fraise, miroitent codés,

Éveillés par la brise des ébats sur nos fronts accoudés,

À la frontière de songes somnambules qui s’enfièvrent.

©  Liz 07 avril 2013

Au-delà des rives


Au-delà des rives

Au-delà des rives

 

La nuit songeuse berce son velours sur les toits,

Comme une caresse somnambule errant légère,

Parmi les âmes des abysses tournoyant passagers,

Sur les bords des cratères, soumis au feu des émois.

 

D’un coup, l’ombre éveillée se pose en collier,

À l’orée des horizons, telle une tendresse enfilée,

Suivant la lune qui se mire dans les perles étoilées,

Nappant la voûte, pareil les éclats du chandelier.

 

Au-dessus des murmures issus d’un ciel désireux,

Le charme suit les regards gourmands de ferveurs,

Et l’obscurité se dentelle d’une orfèvrerie en fleur,

Pour que la douleur s’enfile dans des ourlets preux.

 

La beauté s’enflamme, scintille, au seuil du bonheur,

Aux bras tendus du néant l’aurore attends immobile,

Fixant l’heure, empourprée d’une nuance indélébile,

Au cœur de délices apprivoisés par un amour divinateur.

 

Dans un nid douillet, des petits nuages moelleux,

Dressent leurs gouttes pleurées sous la brise troublée

Par les rayons dorés, échappés d’une aube émerveillée,

En ce matin vermeil, enamouré d’un vent aventureux. 

©  Liz  24 mars 2013

Si seulement…


Si seulement…

Si seulement…

 

Si seulement je pouvais graver l’éclat de l’aurore,

L’incruster profond dans les abimes secs des yeux,

Qu’un seul instant une goutte de songes audacieux,

Soupire sur un nuage caché dans la vieille amphore.

 

Si seulement je pouvais voler au temps le sourire,

L’incarner sur les lèvres porteuses de tristesses pâles,

Quand les éclairs éclore dans la nuit en vive opale,

Allumant la mémoire fugace par des joyeux rires.

 

Si seulement je pouvais plier les feux des aubes roses,

Les emboucher aux pleurs des doigts tatoués de blanc,

Pour que l’agonie des cendres se brise sur les flancs

Des horizons endormis, où les anges délirent en osmose.

 

Si seulement je pouvais tenter en vermeil l’émoi,

L’amasser, le faire dévorer par un bout d’éternité,

Sous l’œil des nuits muettes, cherchant la sérénité

Sur le rebord des chutes, déferlées par le désarroi.

©  Liz 23 mars 2013

Ébauche faïencée


Ébauche faïencée

Ébauche faïencée

 

Au pied des nuages ourlés d’une gracieuse rosée,

L’aube gémit son éclat sur les pétales mouillés,

Qui trémulent, tressaillent, se plient dans l’air rouillé,

Ondoyant les reflets faïencés de leurs pensées osées.

 

Les rayons dorés cachent la pâleur fragile du ciel,

Quand l’aile frissonnante d’un ange protège la lune

Courbée à l’orée des horizons fendus dans les dunes,

Où, sous le vent, les fissures s’embouchent du miel.

 

Mes yeux se sont fardés d’une gouttelette de bleu,

Et le cœur peint l’ombre de son rythme aux tempes,

Lors sur le corps, les mots deviennent farouche estampe,

Et les doigts meurent sur la peau d’où éclore le feu.

 

Le souffle du matin berce un baiser sur mon épaule,

À vouloir dérober encore l’ivresse des âmes affiliées,

Perlant la vie qui renaît aux pores des voûtes aliénées,

Au gré de l’aurore, où le soleil luit en pleurs de saule. 

© Liz 14 mars 2013

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