Songes brisés


Songes brisés

Songes brisés

 

Aux bras endormis cerclés d’émois velours,

Le souffle de la nuit dépose sa bise violacée,

A ramasser les morceaux de mon âme délacée,

Qui tressaute dans les fibres des anciens jours.

 

Tout au fond du ciel le temps tisse le berceau,

De tous ces songes brisés par les pluies pâles,

Coulant lascives sur ma peau, en perles d’opale,

Lors tes yeux dans mon cœur scellent leurs sceaux.

 

Sur ma joue, en gouttes, bat le sanglot calme,

Tel un sortilège tanguant sur l’onde farouche,

Jusqu’à l’orée de l’aube qui serpente a la souche,

Et meurt dans la fièvre des doigts et leurs drames.

 

Dans l’ombre oubliée, d’un mouvement lent,

Se penche, près de toi, un blond rayon de lune,

Animé par les chants éparpillés des tristes dunes,

Vers des souvenirs vêtus de mes chagrins violents.

 

© Liz

Vibrations latentes


Vibrations latentes

Vibrations latentes

 

Les pieds trébuchent, éperdus, au milieu du chemin,

Sous l’éclat brûlé des silences venus des nuits clouées,

Quand a l’horizon l’œil troublé tisse la lisière échouée,

Sur les cailloux d’antan où mousse l’essence de jasmin.  

 

Ainsi, au loin des tempêtes, sur l’ile de ton cœur,

Je sais l’heure du réveil ourlée d’une nouvelle sève,

D’un peu de bruits mêlés aux nacres sur les grèves,

Lors le jour se penche sur la rosée des cimes sœurs.

 

L’aurore cajole l’épaule, dérobe le collier des bras,

Et dans le vieux souvenir la mémoire gémit sa fièvre,

Puis, en gouttes d’émoi s’étire sur le carmin des lèvres,

Vacillant au nid des pensées, nappées de leurs appas.

 

Avant que le ciel rutile en sourds frémissements,

L’empreinte des rêves s’estompe dans les attentes,

Greffant dans l’obscurité froide ses vibrations latentes,

Tandis que l’existence, lasse, choisit son déguisement.  

 

©  Liz

Bonheur perdu


Bonheur perdu

Bonheur perdu

 

J’ai regardé naître cette douce lumière qui frôle,

Brise légère, comme le souffle chaud des lèvres,

Qui susurre en mille senteurs, puis vogue en fièvre,  

Sur la peau nue, jouant en frissons qui me cajole.

 

J’ai courbé ma solitude juste en dessous de tes pas,

Convoitant ton visage à travers les aurores en spume,

Devant les vagues émouvantes, blanchies d’écume, 

Où chacune de mes pensées guérit a l’heure du trépas. 

 

J’ai dessiné une caresse, maintenant, sur ton épaule,

Vagabondage des doigts velours trémulant en ondine.

Imagine un instant, pour te rappeler la magie divine,

De l’émoi troublant, habillant les pleurs muets des saules.

 

J’ai tracé mon chemin sur les remparts de tes bras,

Et au fil du temps les silences engloutis la belle histoire,

Quand dans mes yeux miroitent cette fontaine illusoire,

Comme ton image déposée sur mes rêves, d’où jaillira.

 

J’ai  goûté l’amère des larmes, les délices qui affolent,

Des hier froissés sous les paupières, l’obscur des corolles,

La douleur dans la gorge serrée, des tristes barcarolles,

Des soupirs qui écrase l’âme, des clapotis qui s’envolent.

 

J’ai effleuré l’attente pour qu’elle dissipe mes mots,

Sur chaque parcelle de ton corps en délicate orfèvrerie,

Pour qu’il te reste en souvenir toutes ces folâtreries,

D’un bonheur fébrile, charnu, unique, perdu tantôt.

 

©  Liz

Fleur éphémère


Fleur éphémère

 

Fleur éphémère

 

La pensée s’échoue dans les profonds murmures du cœur,

Au grès du silence où l’agonie des mots fait des caracoles,

Tel l’écho qui se noie au sable, tel le chuchotis des lucioles,

Sur le désert des sentiments, dans les maux des draps rêveurs.

 

Dans l’abysse affolé s’agrippe les affres d’un amour perdu,

Quand au pied trépidant du temps fane la fleur éphémère,

Sous la brise penchée en secret sur les rives des chimères,  

Pour que les larmes brûlent les blessures d’un destin tordu.

 

Une mélodie éloignée vient envahir les anciens sanglots,

Comme une cascade, bourdonnant ses fuites éperdues,

D’un avenir mordoré, d’une dernière romance ardue,

Fardée de teintes délicates qui valsent, blanchies de flots.

 

Le regard, blotti au ciel, avale une bouffée de printemps,

L’émotion berce le soupir qui s’épanouit sur les lèvres,  

Tandis que l’âme s’envole vers l’émoi qui donne la fièvre,

Au milieu des flammes dévoilées a tes yeux longtemps.

 

©  Liz

Au bout de la peine


Au bout de la peine

Au bout de la peine

 

Ce soir, le silence frémit ondulant la pâleur de la lune, 

Au creux des miroitements où crépitent les feux voraces,

Sous la morsure des vents, des anciens secrets fugaces,

Ce soir, tachant les draps d’une larme de sang, à la brune.

 

Ce soir, le calme s’enrage, se déchire, se gorge de fièvre,

Sur les vieilles pierres des murs qui soupirent en chœur,

Leurs tragédies, le passage obscur du sort empoisonneur,

Sur les parois d’un cœur sans amour, fissurant les lèvres.

 

Ce soir, les fleurs des champs défripent leurs robes,

Quand, la silhouette de l’horizon bleu ourlé de rêves,

Passe telle une caresse sur les pétales où le jour s’achève,

Gardant dans leurs corolles le miel que l’âme dérobe.

  

Ce soir, ce n’est pas trop tard à éparpiller la tendresse,

Sur le hasard des pas lourds qui gravent les chemins,

Au-dessus de rutilances de la nuit, vers l’aube du destin,

Aux charmes inaperçus, aux rayons qui couronne l’ivresse.

©  Liz

Murmures entrelacés


Murmures entrelacés

 

Murmures entrelacés

 

Au bout de sa plume ondoie le violon de son âme,

Chahutant sur les contours défaits, courbés de gris,

Envahissant son être, ses rêves manquant d’abri,

Jusqu’au délire des mots qui te réserve l’entame.

 

Aux vertiges épuisés perlant le ressac des lèvres,

S’élancent tes yeux, fugitifs averses d’un soir bleu,

Tombant sur mon front ombragé de limbes de feu,

Et aux creux de mes mains où frissonne la fièvre.

 

Quand l’aube se pare de gouttelettes vermeilles,

L’amour muet s’offre aux bruits doux des chants,

A ta nuque bercée par le reflet des silences blancs,

Lors ma fossette sourit aux sorts rangés en corbeille.

 

Sur les toits peuplés d’ombres et mouillés de rosée,

Mon cœur, saupoudré des cendres, contre le tien,

Trémule, se cambre tel le ruban sur l’immobile lien,

Alors que les cloches vibrent en notes interposées.

 

©  Liz

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