Sur la toile remuée


Sur la toile remuée

Sur la toile remuée 

 

Une première lueur bruine sur les collines,

Et l’horizon souffle sa gerbe de rêves charnus, 

Tantôt, le vent frémit sur l’ambre des jours nus,

Sur l’aube épuisée au creux des âmes orphelines.

 

Timide, le ciel se tasse et tombe en gouttes,

Sur le feuillage épais et sombre, taché de roux,

Quel triste cortège au long du chemin cailloux,

Où chaque feuille regrette, tremble et chahute.

 

Langoureux, l’émoi se déploie d’insouciance,

Sanglote doucement, engloutissant le sortilège, 

Se penche en clapotis sur les rives des florilèges,

Au cœur d’un décor suave, empourpré d’errances.

 

La tiédeur des vagues caresse la fleur assoupie,

Lors les songes muets s’élancent en faisceaux,

Courbés par les baisers égouttés des pinceaux,

Sur la toile remuée où l’ombre glisse et s’accroupie.

 

© Liz

Je reste là…


Je reste là…

Je reste là…

 

À la lisière des ombres porteuse de nos errances,

Sous le voile léger des nuits où frémissent les bras,

J’ai creusé des rêves sur le silence enraciné des pas,

D’où naît le vent, la douleur marquée de fulgurance.  

 

Dans le terreau du cœur j’ai semé ma fleur bleue,

Qui éclot au fond des prunelles comme l’arc-en-ciel,

Petit noyau arrosé a chaque aube par la sève du ciel,

Lors le printemps venu s’épanche sur l’âme chenue.

 

Plus haut que les barreaux grimpant à la chaînette,

Mes émotions glissent, coulent en toi dans un baiser,

En tresse de souvenirs, enfilés sur les chemins biaisés,

Tracés du doigt mouillé d’une lune encore jeunette.

 

Tantôt, un air chaud enlace l’étoile de porcelaine,

Et au calme des mains qui ne savent plus caresser,

Doucement, l’œil se fixe, mélancolique, a faire danser

Les sourires, jaillissant en trilles de l’eau de la fontaine.

 

Libérée, je reste là, en attendant je ne sais pas quoi…

 

©  Liz

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