Aux creux du temps


Aux creux du temps

Aux creux du temps

 

Le temps n’est pas une perte, il nous appartient,

Il est toujours présent, telle une étincelle blanche,

Emietté au fond du regard, porté par les avalanches,

Croyant qu’au creux des cieux il nous gâte et tient.

 

Sa trace s’ancre parmi les rides de son passage,

Sous la toile brodée par les couchers des lunes,

Sur l’horizon qui étreint gracieux l’eau des lagunes,

Vers les lourdes ombres tombant en plein visage.

 

Le temps est frêle lors l’épaisse solitude contient,

Les nombreux songes unis aux paumes des prières,

Dans le délire des douleurs qui rompent les barrières,

Tourbillonnant, il donne encore le temps qu’il détient.

 

Même s’il est de trop, suivant de près nos présages,

Il reste l’inépuisable source dans la rosée des aubes,

Sceau qu’on n’a pas le droit de refuser, quelle daube,

Qui nous obligent à lui donner du temps, le rendre sage.

 

Quand l’âme est lourde, vers le midi de nos printemps,

Pour oublier son vécu elle rejoint les cris d’allégresse,

Dispersés sur l’arrière-saison, c’est la vraie richesse,

D’un éternel recommencement, au fil du temps.   

 

Je laisse passer le temps, sans oublier le trouble,

Effilochant les peurs, retrouvant la joie bruyante,

Devant les foudres alarmées délirant insouciante,

Et dans tes yeux m’endormir, devenir ton double.

 

© Liz

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Jusqu’au creux du vent


Jusqu’au creux du vent

Jusqu’au creux du vent

 

Ce soir, sur les toits brouillés des lunes rêveuses,

J’entends la pluie, frileuse flûte chargée de chagrin,

Qui s’enveloppent, tout près, d’un silence pérégrin,  

Avant de s’endormir au creux de la nuit caverneuse.

 

Là-haut, une perle pâle, telle une cicatrice blanche,

Entre deux rêves, dans l’écrin feutré des cieux brisés,

Luisante torpeur dans l’émeraude des regards hissés,

Qui palpite, légère caresse sur les fissures qui flanchent.

 

Sur le dos des reflets opalins mourant en floraison,

Le bruit du temps pressé résonne en vibration vide,

Emprisonnant une mélodie qui embellit le teint livide,

De chaque couleur dévorée par la dernière saison.   

 

À la descente précipitée, cambrée des silhouettes,

L’âme pâmée vagabonde sur des vagues sourires,

Dans un ailleurs apprivoisé par son ombre en délire,

Jusqu’au creux du vent où se brise l’aile des alouettes.

 

©  Liz

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