Devant l’orée ancestrale


Devant l’orée ancestrale

Devant l’orée ancestrale

 

Le silence tremble, comme une fleur délicate,

Quand la brise frôle les cimes ternes et l’azur pâle,

Pendant que le soir s’installe dans le vide abyssal,

Lasse, l’ombre empoche l’agonie des heures plates.

 

La lune se penche sur le miroir des eaux glacées,

Sur le roseau assoupi auprès du buisson creux,

Couronnant de rêves blancs l’horizon cendreux,

Où sommeillent les plaies par la brume enlacées.

 

Le regard des nuits galope sous nos paupières,

Sur la muraille arrosée d’émois, tressée de cils,

Quand le temps s’effile au pied du chemin volatil,

L’invisible, couvert de broderie, perle la lumière.

 

Entre les ondes tricotées d’impatience astrale,

Dans un frémissement le ciel s’accroche aux yeux,

Comme une fenêtre aux creux de nos bras envieux,

Lorsque le souffle se perd devant l’orée ancestrale.

 

©  Liz

Vibrations latentes


Vibrations latentes

Vibrations latentes

 

Les pieds trébuchent, éperdus, au milieu du chemin,

Sous l’éclat brûlé des silences venus des nuits clouées,

Quand a l’horizon l’œil troublé tisse la lisière échouée,

Sur les cailloux d’antan où mousse l’essence de jasmin.  

 

Ainsi, au loin des tempêtes, sur l’ile de ton cœur,

Je sais l’heure du réveil ourlée d’une nouvelle sève,

D’un peu de bruits mêlés aux nacres sur les grèves,

Lors le jour se penche sur la rosée des cimes sœurs.

 

L’aurore cajole l’épaule, dérobe le collier des bras,

Et dans le vieux souvenir la mémoire gémit sa fièvre,

Puis, en gouttes d’émoi s’étire sur le carmin des lèvres,

Vacillant au nid des pensées, nappées de leurs appas.

 

Avant que le ciel rutile en sourds frémissements,

L’empreinte des rêves s’estompe dans les attentes,

Greffant dans l’obscurité froide ses vibrations latentes,

Tandis que l’existence, lasse, choisit son déguisement.  

 

©  Liz

Quand l’automne frémit


 

 

Quand l’automne frémit

 

Quand l’automne frémit

 

Parmi les arbres grisés s’effile l’ivoire du décor,

Un délicat murmure passe sous la pâle couronne,

Courbant le vent par l’odeur du levant qui ronronne,

Quand la grâce divine s’épanche, poudrées d’or.

 

Le feuillage roux frémit et trace d’étroits sillons,

Lors, en rêvant, l’automne frissonne sur les routes,

Au pied du silence s’écoule la sève, goutte à goutte,

Là, où l’âme hardie s’accorde aux sons du carillon.

 

L’azur vaporeux descend ses reflets assombris,

Là-bas, au gré de la saison, reposent les fleurs fanées,

L’heure est déserte, blessée d’une langueur rubanée,

Dans l’ancien parc où le bruit des ailes rejoint l’abri.

 

Le soir frôleur, entre les branches nues, complot,

Songeant à son sort, troublé de vagues brûlantes,

Face à l’immensité qui balance les cimes ondulantes,

Sous le voile des ombres enguirlandées devant les flots.

 

© Liz

Là-bas


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Là-bas

 

En silence, le songe cotonne les toits des nuits,

Là où, les souvenirs s’ornent des puits bavards, 

Sur les rebords de l’oubli, tissé d’obscurs regards,

Le passé s’efface sans bruit, les ombres s’enfuient.

 

Avant que tes mots s’éteignent sur mes lèvres,

Les yeux susurrent leurs pleurs intarissables,

Quand le ciel nébuleux tamise en cernes pliables,

Le reflet décollé du calice des paupières lasses de vivre.

 

Parfois, mon souffle se perd aux cimes de ta voûte,

Il se déchausse au creux des ravins étroits et raides,

Devant les rafales des flaques agonisant le destin laid.

Il est juste poussière qui se loge au-devant de ta route.

 

Fouillant le matin qui éclot en gouttes d’euphorie, 

Mes bras se perlent par l’aube poudrée de carmin,

Soieries violacées décochées au bout des chemins,

Là-bas, où s’abreuve le mystère froid rempli d’allégorie.

 

Dans l’éclat d’opale qui défile à secouer les chapelles,

Mon cœur, paré de frissons doux, agit à contretemps,

Étonnés, les doigts frétillent sous l’écorchure du temps,    

Quand sur ta peau mes pensées se posent en coupelle.

 

©  Liz

Imagine


Imagine

Imagine

 

Imagine,

Les cimes azurées dentelant les toits des cieux,

Tandis que le bonheur drape l’amour en liesse,

Voilant la vie par nos regards ivres de tendresse,

Et d’un doigt renversant les nuages mousseux.

 

Imagine,

Tout contre moi, ton cœur dévoilant ses aveux,

Au plus profond de l’âme naissant la promesse,

D’une étincelante union, bruissant lent, sans cesse,

Sur nos corps, lors le regard s’attarde insoucieux.

 

Imagine,

Chaque éclat embrassant les contours envieux,

Des silhouettes avançant vers la nuit tombante,

Jusqu’à l’ombre courbée par la couche flambante,

Au long des murs dans ce géant déluge gracieux.

 

Imagine,

Tous les désirs consumés par les baisers radieux,

Éloignant les absences, effaçant la pâleur jaune,

Lors le souffle frôle l’antre des paroles monotones,

Et le temps s’oublie au sein des draps insomnieux.

©  Liz 22 janvier 2014

Au seuil des cimes


Au seuil des cimes

Au seuil des cimes

 

L’œil ombragé de songes et hanté de solitude,

Brûle les pensées agitées, fouille le frémis englué,

Lorsque les larmes pliées au vent et les cris dilués,

S’endorment enfin au ressac percé de béatitude.

 

Aux taches des feux laquées d’un rouge rouillée,

Sans aucun cri les cils froissés assoupie l’affront,

Et un coin doux virevolte, sillonnant sur le front,

En mailles d’évasion sur les courbes verrouillées.

 

Sur les lisières chevauchent les feuilles abîmées,

Comme une caresse abandonnée au coup de vent,

Jusqu’à la pénombre peuplée de regrets souvent,

Où, sur le vélin des cimes, ton écorce s’est imprimée.

 

Si j’aurais su façonner la grâce à flétrir la tristesse,

De mains vides faire une coupelle pour le bonheur,

De l’étoile, dont la voûte fait couler en mes pleurs,

J’aurais gardé le chant et de ton nom la délicatesse.

 

©  Liz  02 janvier 2014

Le dernier regard


Le dernier regard

Le dernier regard

 

 

Elle aurait voulu que les fontaines murmurent,

Lorsque le cœur se serre, affolé, criant aux heures,

Qui courent autour des bras déchirés qui pleurent,

Pour faire d’un émoi un bonheur qui s’emmure.

 

Elle aurait tant voulu atteindre tes sourires,

S’habiller de ces silences où résonne cette voix,

Qu’un léger chuchotis frôle encore une fois,

L’âme éperdue d’un vers qu’elle a osé écrire.

 

Elle aurait voulu renaître, frémir dans un baiser,

De ton écorce modelant une merveilleuse armure,  

A l’arrivé des souvenirs escarpés, des écorchures, 

Portées par le bruit des nuits vers des songes aisés.

 

Elle aurait tant voulu s’ancrer a l’abysse des yeux,

Fondre le soupir sous les paupières émerveillées,

Troublées par le roulis d’une tendresse éveillée,

A nouveau emportée au grès des frissons écumeux.     

 

Elle aurait voulu prendre en cœur un coin de ciel,

L’ourler de flammes, déchirer sa blessure rouillée,

Garder les jours dans des étreintes verrouillées,

Secouer la cendre courbée par une caresse de miel.

 

Elle aurait tant voulu effacer son triste avenir,

Auprès de ton souffle brûler l’ombre des cimes,

Tandis qu’à l’orée des aubes la frénésie s’arrime,

Quand devant le dernier regard la grâce va la bénir.

©  Liz 25 juillet 2013

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