Sous les vieux arceaux


Sous les vieux arceaux

Sous les vieux arceaux

 

Le soleil d’été brûle le frémis des matins clairs,

Au creux des silences, sur les feuilles argentées,

Parmi les heures qui glissent en mailles tricotées,

Vers l’horizon épais, hanté par la lueur des éclairs.

 

L’orage gronde parmi les murmures des arbres,

Et tombe en tourbillon sur leurs écorces tachées,  

Au-dessus des rêves éteints, des ombres archées,

Où quelques nuées s’électrisent en reflets d’ambre.

 

Sur le mur blanc les bruits émiettent un brin d’air,

La lumière en feu reluit en-haut de la colline clouée, 

Tandis que la fraîcheur berce l’onde a la fleur vouée,

Attendant qu’on la voile d’un azur en teintes de chair.

 

Le ciel se perle de clarté, traverse les arceaux sobres,

Penchés sur la sérénité, qui carillonne, abandonnée, 

Lors le jour crépite au fond d’une mélopée vermillonnée,

Au loin, enfin, l’aube pâle s’allonge dans l’œil sombre.

 

© Liz

Dans l’œil de l’infini


Dans l’œil de l’infini

Dans l’œil de l’infini

 

Les pensées effeuillent le ciel brumeux et vide,

Sans couleurs secrètes, ni étoiles auréolées,

Éventrés d’illusions qui pendouillent esseulées,

Dans la douleur, au chevet des rêves insipides.

 

Mes doigts greffent l’émoi aux pôles de l’horizon,

Au hasard, à travers les cailloux des ornières,

En creux des heures troublées, dans la poussière,

Sur les croûtes d’un temps secoué par l’abandon.

 

Un air glacé souffle l’orage têtu vers les abysses las,

Entre les vibrations de l’univers et le son des ondes,

Où les tonnerres s’accrochent aux nuits blondes,

Devant la source d’une nouvelle aube couleur lilas.

 

Tantôt, la nuée se noie dans l’œil noir de l’infini,

Lorsqu’au creux de la main se courbe la couche,

Et le vent sanglote parmi les vagues farouches,

Quand de son ventre née la chair des jours bannis.

 

©  Liz

Larmes de cendre ourlées


Larmes de cendre ourlées

 

Larmes de cendre ourlées

 

Chaque lueur esquisse la trame des aurores éveillées,

Lors le cœur rebelle, mise à nu, en souffleur de rêves,

S’accroche, se serre, frôlant le bonheur qui s’achève,

Au creux de bras solitaires, d’une tendresse ensommeillée.

 

Mes yeux emboués se souviennent des cimes escarpées,

Des silences balayant leurs fragilités au fond des ravins,

Comme d’autant des pensées murmurées, chants divins,

Portés par les ailes du vent jusqu’aux lumières décrêpées.

  

A l’horizon, volent les frissons des clairières anéanties,

Et aux pieds de l’univers défile une filée a l’éclat ivoirin,

Devant les cieux étourdis par des éclairs pourprins,

Filtrant les rayons voilés par des nuances appesanties.

 

En écho, la passion roule aux bords de ma chair perlée,

Agrippée au gouffre de l’amour, aux sables mouvants,

Comme une cascade mouvementée d’un avenir émouvant,

Scellant aux fibres du temps mes larmes de cendre ourlées.

 

©  Liz

L’abîme aux bords des cils


L’abîme aux bords des cils

L’abîme aux bords des cils

 

Dans mes yeux, j’ai le destin qui se plie et se défile,

Comme les grains du chapelet, aux creux des veines,

Quand l’automne borde mes paupières, sans peine,

Frémis logés aux rides, gouttes de corail qui s’enfilent.

 

Dans mon cœur, tu es penché en cerceau de feux,

Lorsque l’azur se couche en feuillettes de lumière,

Chuchotis qui s’ensommeillent dans des prières,

Sous les tonnerres du hasard, au chevet des aveux.

 

 Dans mes mains, j’ai la clef brumeuse des horizons,

Cachée en bouts de chair, dormant en plis d’illusions,

Parfois fouillant les coins pour trouver un trou d’évasion,

De trouble poussiéreux où l’amer joute dans les buissons.

 

Dans mon âme, les pleurs s’encollent, puis pendulent,

Recueillant le vide qui tombe glacé, dénudant la peau,

Juste pour faire passer aux lèvres une treille d’eau,

Ombrage de pétales assoupis par les cils qui ondulent.

 

©  Liz  09 octobre 2013

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