L’immortelle


L’immortelle

L’immortelle

 

J’ai vu, parmi les ombres pâles, une immortelle,

Glissant, comme un voile, sur les rameaux diffus,

Lorsque la mousse s’écoule sur ses pétales confus,

Rougissant quand l’air humide la lumière dentelle.

 

D’un geste lent, la fleur cerne l’invisible cendre,

Sous le regard discret des cieux, sertis de diamants,

Où, par hasard, tournent les ailes roses des flamants,

Qui empourpre, délicatement, sa corolle tendre.

 

Par une subtile fraîcheur la main effleure l’ombelle,

Affligée de pli en pli, jusqu’à ses rebords froissés,

Qui, si doux, se penchent vers les limbes angoissés,

Murmurant leurs frémis, délicieuse musique rebelle.

 

Dans son nid mielleux, se mire la lune blanche,

Les flammes de l’horizon, les nuages velouteux,

Les fiévreuses ténèbres, les vertiges duveteux,

L’éternel abysse, si vaste, issu de son âme étanche.

 

© Liz

Larmes de cendre ourlées


Larmes de cendre ourlées

 

Larmes de cendre ourlées

 

Chaque lueur esquisse la trame des aurores éveillées,

Lors le cœur rebelle, mise à nu, en souffleur de rêves,

S’accroche, se serre, frôlant le bonheur qui s’achève,

Au creux de bras solitaires, d’une tendresse ensommeillée.

 

Mes yeux emboués se souviennent des cimes escarpées,

Des silences balayant leurs fragilités au fond des ravins,

Comme d’autant des pensées murmurées, chants divins,

Portés par les ailes du vent jusqu’aux lumières décrêpées.

  

A l’horizon, volent les frissons des clairières anéanties,

Et aux pieds de l’univers défile une filée a l’éclat ivoirin,

Devant les cieux étourdis par des éclairs pourprins,

Filtrant les rayons voilés par des nuances appesanties.

 

En écho, la passion roule aux bords de ma chair perlée,

Agrippée au gouffre de l’amour, aux sables mouvants,

Comme une cascade mouvementée d’un avenir émouvant,

Scellant aux fibres du temps mes larmes de cendre ourlées.

 

©  Liz

Murmures entrelacés


Murmures entrelacés

 

Murmures entrelacés

 

Au bout de sa plume ondoie le violon de son âme,

Chahutant sur les contours défaits, courbés de gris,

Envahissant son être, ses rêves manquant d’abri,

Jusqu’au délire des mots qui te réserve l’entame.

 

Aux vertiges épuisés perlant le ressac des lèvres,

S’élancent tes yeux, fugitifs averses d’un soir bleu,

Tombant sur mon front ombragé de limbes de feu,

Et aux creux de mes mains où frissonne la fièvre.

 

Quand l’aube se pare de gouttelettes vermeilles,

L’amour muet s’offre aux bruits doux des chants,

A ta nuque bercée par le reflet des silences blancs,

Lors ma fossette sourit aux sorts rangés en corbeille.

 

Sur les toits peuplés d’ombres et mouillés de rosée,

Mon cœur, saupoudré des cendres, contre le tien,

Trémule, se cambre tel le ruban sur l’immobile lien,

Alors que les cloches vibrent en notes interposées.

 

©  Liz

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