Devant l’épais crépuscule


Devant l’épais crépuscule

Devant l’épais crépuscule

 

Aux draps souples du ciel le temps s’éveille,

Et la première lueur blafarde pique la nuée,

Sous l’écorce du jour l’ombre se niche, arquée,

Serpente, sans troubler les rêves qui veillent.

 

En vols lumineux, si près, les ors d’automne,

En pleurs de saules, odeurs rouges, vulnérables,  

Tombent tristes, une lente mort, indésirable,

Linceul sans sève, frileux, qui flotte monotone.

 

En sanglots muets, la grâce du lendemain pâlit,

Auprès des gerbes de jasmin fanées avec lenteur,

A l’heure du trépasse, l’âme grince de douleur,

Tandis que l’azur sombre fait des hauts toits son lit.

 

Égarée, une étrange pensée se tait sur mon front,

En éclatante parure, ébranlée en bancs de brume,

Tel un flambeau fragile qui fume, plein d’amertume,

Devant l’épais crépuscule brûlant sans aucun affront.

© Liz

Le silence des mots


Le silence des mots

Le silence des mots

 

Qui sait combien pèsent les tristesses, les douleurs,

Déposés aux pieds de la nuit tiède, à arroser la lune,

De lourds grains, sans saveur, aux épaules des dunes

Gourmandes, recouvrant les blessures, buvant la peur.

 

Qui sait pourquoi les larmes s’irisent au nid des yeux,

Des gouttes nacrées nourrissant le nouvel arc-en-ciel,

Dans ce petit écrin, ensablé par des brassées de miel,

Tantôt si fragile, nommé âme, où l’amer crache du feu.

 

Qui sait combien de faux espoirs effilochent la candeur,

Le soir, quand l’amertume ondule la paupière éteinte,

D’un songe naïf, teinté d’onde, chargé d’empreintes,

Le jour s’émail, tandis que l’aube ensanglante la fleur.

 

Qui sait pourquoi les silences sont doux et épineux,

Lorsqu’ils pleurent en moi, la voûte se pâme, délirant,

Ils émurent les anges témoins, les cœurs déferlants,

Par leurs lents jaillissements sur les versants duveteux.

 

©  Liz

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