Au-devant de cette route


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Au-devant de cette route

Au-devant de cette route

*

Sur les feuilles de l’âme frissonne une goutte cendrée,

Tamise ces bouts de vie, les rêves, les parures des cils,

Comme une ligne de voûte qui tremble sur le toit des fils,

Sous la pente des cris fébriles où elle s’abreuve de rosée.

*

Et lors, aux frémis du ciel, les rayons plient les paupières,

Au-dessus des gouffres où se découd la voix du destin,

L’aguille du temps avance déchirant les haillons argentins,

Puisque demain, même si hier était doux, n’est que poussière.

*

Au-devant de cette route trouée, logée dans mes artères,

Je boite, mais j’avance, parmi les chuchotis des souvenirs,

Aux pôles des troubles qui greffent des brasiers sans avenir,

Pour recueillir, au hasard, en secouant les heures, la lumière.

*

Aux rejets des ombres qui se replient au creux des lunes,

Les yeux s’écument, miroir glacé de ces songes insipides,

Des frisages essoufflés de vent qui attend des bras livides,

Juste pour cotonner en treille de gerbes quelques lagunes.

*

© Liz  

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Cet hiver


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Cet hiver

 

Cet hiver

*

Dans cet hiver qui se repose a l’aber des glaces,

Émanant des émois aux replis de ses remparts,

J’ai courbé l’éternel sommeil du brûlant départ,

Englouti aux abîmes blancs où crépite la grâce.

*

Mais je sens toujours les mots tièdes de larmes,

Qui vieillissent les ans, sculptant les rides des yeux,

Tant que la cruche des souvenirs émeut les cieux,

Par l’écho secret qui peint l’âme saoule des flammes.   

*

Cet hiver qui m’embrasse de tristesse et douleurs,

Rougit mon cœur d’un seul bruit, d’un rire céleste,

Gonflant la ligne du destin qui fend muet en gestes,

Alors que sous les doigts jaillit le rêve et la candeur.

*

Et je vois encore le naufrage et la beauté des roses,

Au lien du cœur qui étreint un fragment de soleil,

Un bout d’étoile en otage et un anneau vermeil,

Qui s’arrondi, pour rester à l’abri de toutes choses.

*

© Liz 

Aux drapés de l’hiver


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Aux drapés de l_hiver

Aux drapés de l’hiver

 

*

Le cœur alourdi de silence, l’œil dépeuplé d’étoiles,

J’appelle la cime penchée aux caïeux timides du sort,

À ce présent lacé au miroir des pas lourds, mais forts,

Qui tournent dans le regard des ombres épousant la toile.

*

Je suis le rêve, le trouble, l’histoire rempli d’essence,

L’âme triste qui s’éloigne de ces chemins trop pleins

De ces souffrances, où les roses fanent dans leur flein,

Et qui, sans peur, condamne le temps de ton absence.  

*

Les ondes des ailleurs ne sont que nappe des flammes,

Au berceau des landes, aux émois sensibles de l’instant,

Aux drapés de l’hiver où languit l’éphémère printemps,

Par le calme jalousé de l’abandon, entrelacé de trames.

*

Je suis l’onyx, le soupire, l’illusion des vœux en transe,

Liane impatiente à vouloir bercer le sourire des nuages,

Quand l’éclat s’embrouille, inquiet, sur le front des anges,

Devant le portail du ciel où s’immortalise la dernière valse.

*

© Liz    

Depuis l’aube


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Depuis l’aube

*

Depuis l’aube, chaque matin givre le cœur de l’avenir,

Et les larmes vieillissent, se cambrent dans les pupilles,

Parsemant de silences le berceau ému des charmilles,

Tandis que la nudité du temps camoufle les souvenirs.

*

Aux nœuds de la mémoire s’engouffre l’oracle du ciel,

Des sourires sans miroir, intuitives énigmes mouvantes,

Quand le froid de l’hiver s’ébat sur la lèvre tremblante,

Brûlant les cierges des étoiles dans un baiser émotionnel.

*

La sève de l’univers amplifie la grâce des contours,

À l’interface de nos mondes, sous la lumière rosace,

Qui émousse l’épiderme épais des douleurs rapaces,

Et s’insère à l’aber du cœur jusqu’au pouls de l’amour.

*

Mais ailleurs, les aurores s’unissent par leurs anneaux,

Au-delà des frontières ambrées, aux autels des roses,

Où les murailles sont nues de vœux, légendes et proses,    

Sous la grappe qui anime le vertige et pansent les yeux.

*

© Liz   

En ce matin…


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En ce matin…

En ce matin…

*

Ce matin, sans promesse, pâle de désespérance,

Frisonne fragilisé, dans l’échancrure de l’éternel,

Darde les voiles fins des lueurs, serment solennel,    

Et s’emmêle au souffle brumeux, bafoué d’errance.

*

Ce matin, sans lendemains, ô, terrible déchéance,

D’un nostalgique effleurement qui meurt lentement,

Au-delà du temps où le rêve ne compte pas vraiment,

Car chaque morsure le fait hurler, égayé de délivrance.

*

Ce matin, sans mémoire, saignante d’exubérance,

Murmure troublé, dans l’écorchure aride du cœur,

Usé par la clarté gracile d’un bouleversant bonheur,

S’échappe, telle perles de rosée, marqué de fulgurance.

*

En ce matin, sans secrets, si près de ternes béances,

L’âme engourdit les silences, les feux des tourbillons,

S’accoude à l’appel des coups précipités des carillons,

Pour réinventer les courbes d’une dernière romance.

*

© Liz    

Comme pour tenir


 

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Comme pour tenir

 

Comme pour tenir

*

 

Depuis des mois, déjà, aux grains de la mémoire,

J’esquisse ton sourire, petit joyau dans son écrin,

Ambré par l’aurore, usé de temps et de chagrins, 

Tordu en fils des mots, trempé au doux de l’histoire.

*

 

Il traîne parmi les flots d’azurs, criant ses peines,

Volant, tel l’écho grisé, vers l’abysse du creux astral,

Où le divin chant des anges cambre les rives du mal,

D’un blanc discret, saturant le pont des nuits pérennes.

*

 

Parfois, le froid glacé des monts devient ton ombre,

Et sur les chemins, il renverse, sans foi, ton prénom,

Il fredonne, aux cascades des soupirs, son grand renom,

L’allée du royaume en sommeil, l’ultime saison sombre.    

*

 

Puis, l’éternel s’accroche au rêve, aux chairs des lunes,

Parcourant l’univers, animant d’un je t’aime ton reflet,

Au-delà de la cime fragile qui pleure en pas de ballet,

Et veille le poids des paupières tombées dans l’infortune.

*

 

© Liz    

Lueur fragile


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Lueur fragile

Lueur fragile

*

Dans ce silence pesant juste quelques pensées,

Survole le vide résigné, à l’abri des troubles noirs,

Dans l’immensité du regard où le cœur est miroir,

Glissant la douceur de l’aube à la voilure fragilisée.

*

Aux portes du ciel fende le trait des voix perdues,

Les perles du brouillard et les embruns des rêves,

L’oubli s’épanche, déchire le temps et l’orage crève,

Délivrant l’immortel sortilège et les douleurs ardues.     

*

Par un étrange accord, là, où se mêlent nos âmes,

Le sort change pour un instant, un précieux mirage,

Clapotis sonore de l’éphémère orné de coquillages,

Par delà des lisières, qui semble effilocher les trames. 

*

Chaque creux de souvenir butine cette lueur fragile,

Petit halo qui me tourmente, chaos qui me déchire,

Dans l’abandon, mon cœur, qu’importe, va franchir,

Le crépuscule muet où se dessine ta silhouette gracile.  

*

© Liz    

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