Ébauche d’octobre


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Ebauche d_octobre

Ébauche d’octobre

*

Octobre est là, tel un baiser exquis, une délivrance,

Frissonnant à chaque spasme du feuillage endormi,

Sous les cris du silence qui rouille mon cœur terni,

Tanguant au gré des naufrages, brumeux de défiance.

*

L’émoi pousse les murs vers le miroir des frontières,

Pour que l’au-delà m’approche, ô quel saison étrange,

Qui va faner les sourires au milieu de délicats nuages,

Lorsque ton image se perd aux nappes des paupières.

*

Octobre peint mes yeux de beauté et de tristesses,

Sous l’éclat piégé et les pleurs des derniers grimages,

Mon épaule s’alourdit de ton absence, de ces ramages,

Ayant froid dans cet ailleurs sans l’onde de tes caresses.

*

L’instant ourle l’œil de souvenirs, vapeurs d’éternité,

Plus près de lumière, du bruissement de l’air automnal,

Étouffé par les sanglots mortels, un ultime décor banal,

Qui appelle le crépuscule noué aux haillons de fragilité.

*

© Liz    

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Partout et pour toujours


 

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Partout et pour toujours

 

Partout et pour toujours

 

*

Le silence se tisse brisant les murs lourds et froids,

Irisant le tréfonds des poussières comme une opale,

Sur le rebord des jours et les aïeux des larmes pâles,

Aux lointaines, jusqu’à l’illusion aliénée aux désarrois.

*

Le songe n’a plus ton souffle, ni ton sourire divin,

En plein ciel se froisse, fixant mon pas d’errance,

Alors que je t’espère lier à mon sort, à l’existence,

Et au muet des serments que j’ai légué à tes ravins.

*

Tantôt, l’aube s’imbibe d’or et les roses de vertiges,

Et aux chais du ciel bourgeonne le pouls des cendres,

Le temps passe, invisible, embrassant la vie en poudre,

Les souvenirs sans âge et l’horizon dépeuplé d’anges.   

*

Je t’ai revu au creux du rêve, tel un courbé de vent,

Ancré aux diaprures, cerclant mes yeux de lumière,

Veillant les embruns qui figent mon cœur aux lisières,

Partout et pour toujours, autour d’un avenir qui ment.

*

© Liz    

Sur la route des silences


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Sur la route des silences

 

Sur la route des silences

*

J’entends des rafales d’émois sur la route des silences,

Qui emporte mon âme grisée plus loin que la pénombre,

Entre les flous des orages qui brisent l’aurore des ombres,

Et les flèches d’une grêle saoule qui résonne et avance.

*

La brise de ton absence courbe notre ailleurs esseulé,

Pansant les larmes des brûlures, combattant l’errance,

Dans les haies de mon cœur où s’enfonce la souffrance,

Sous les canons des cieux, parmi les nuages immaculés.

*

J’entends la voix des aubes qui tinte en plein automne,

Dénichant la vie de tes sourires, de l’étincelle candide,

Lors l’amer noircit le temps et ruine les roses splendides,

Aux confins des lendemains qui font naître les démons. 

*

Les vagues des pensées qui par amour t’accompagnent,

Qui panique l’univers et le soumet au flot des pénitences,  

Se chargent de ton souvenir, flétris de vivre à ton absence,

Succombant où je l’enferme, aux dermes des montagnes.

*

© Liz   

 

 

Et maintenant…


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Et maintenant…

Et maintenant…

 

*

Quel frôlement de cils saura peindre l’absence,

Les flots du vent, le sourd frémissement du ciel,

L’émoi des larmes muettes, les mots torrentiels,

Lorsque la douleur accroche à la peau sa violence?

*

Quelle onde saura dénuder les roses des chaînes,

Sous le vaporeux frisson du soleil et l’incessant éclair,

Au froid de la crypte voûtée en berceau, affamée d’air,

Murmurant l’énigme de ton âme à la voix des fontaines?

*

Quel chaos saura déplier le temps de ma tempe en peine,

Pointillé à l’horizon, vers les torrents du silence sidéral,

A la douleur de mon cœur en ruine, a ce vide vespéral,

Puisque l’adieu est dans mes yeux et toi dans mes veines?

*

Quelle lumière saura nuancer le voile rebellé de la vie,

La fragilité du souffle éteint, les mots gravés pour toi,

Jusqu’à oublier que demain s’enterre dans le désarroi,

Alors que le crépuscule recouvre l’aube qui croit à la survie?   

*

© Liz    

Sourire émietté


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Sourire émietté

Sourire émietté

*

Dépeuplé de rêves, cerné de douleurs accablantes,

Mon cœur te cherche à la veille du silence dormant,

Creusant ses jours maudits dans les remous fumants,

Accroché aux abysses talés, aux ombres tremblantes.

*

L’été s’épaufre, passe sur ses marches effrangées,

Un aller sans retour, comme un cambré des bras,

Mon âme est seule, en plein désert sans tes pas,

Il brode ton souvenir sous les émotions orangées.

*

Tandis que le manque éreinte les aurores légères,

Lors au sang du ciel, aux troubles de la mort j’erre,

Dans ma mémoire ne reste de toi que le mystère, 

L’étreinte des pleurs, les plaies des roses solitaires.

*

Un sourire succombe devant l’inquiétude rouillée,

Indomptable diaprure, tel un torrent démentiel,

Qui se déverse, la où je t’ai toujours senti, vers le ciel,

Avant que le bleu vieillit et la brume boit l’orée ailée.

*

© Liz  

Au levis d’un été glacé


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Au levis d_un été glacé

 

Au levis d’un été glacé

 

*

Un peu éventré, le ciel crie son immense chagrin,

A quelques pas de mon exil, piquant les roches,

Là-bas, où l’aube s’ensevelit au drap des cloches,

Là où j’irais après, âme nue, agenouiller le destin.

*

Par le jour qui se lève, éclatent mes mots hardis,

Au levis d’un été glacé, à l’éden serein des lunes,

Lors amer est mon rempart au gouffre des lagunes,    

Au port du lointaine où j’hériterais ton esprit béni.

*

Par mes bras confus, le vide se voile, s’assombrit,

Et la rose se fane, perdant ses teintes pourprées,

Vers le néant, au gré du vent, en chutes diaprées,  

Où s’esquissent des chimères dans mon cœur meurtri.

*

Squelettique, mon miroir sèche l’écume du temps,

Piégeant les frissons, la douleur, l’arpège des cimes,   

Et chaque ébauche de lumière dans l’œil se décime,

À faire taire les souvenirs escarpés pour longtemps.

*

© Liz    

Depuis que tu es parti…


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Depuis que tu es parti…

Depuis que tu es parti…

*

Au puits entre-ouvert du cœur frissonne l’âme pure,

Et les mots que j’ai pour toi fardent l’abysse moussu,

Quand l’obscurité de ton silence habille mon ciel bossu,

Creusant l’autel, cambrant les pupilles mûries d’usure.

*

Ton nom reste engouffré aux creux de ma mémoire,

Là où les souvenirs saignent hissant les nœuds des jours,

Aux flous de ton absence qui tinte en plein toujours,

Aux rêves sans chair, aux émotions muettes et illusoires.   

*

Tu es parti vers l’au-delà et la douleur enterre mon cœur!

*

Comment se réveiller sans voir l’azur et sa douceur ?

J’aurais voulu que les sourires éclairent la fin du sort,

Et que ton âme qui m’habite puisse parler plus fort,

Aux pores des halos lors tu entends la peine des fleurs.

*

Les ressacs des souffrances alourdissent le fil de vie,

J’ai déjà les doigts gelés et la neige dans mes cheveux,

Des roses sur la croix, ton rire dans mes confus yeux,

Puisque tu es nullepart j’ai peur de l’aube inassouvie.

*

Tu es parti et moi j’apprends à vivre vidée de sang!

*

© Liz    

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