En ce matin…


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En ce matin…

En ce matin…

*

Ce matin, sans promesse, pâle de désespérance,

Frisonne fragilisé, dans l’échancrure de l’éternel,

Darde les voiles fins des lueurs, serment solennel,    

Et s’emmêle au souffle brumeux, bafoué d’errance.

*

Ce matin, sans lendemains, ô, terrible déchéance,

D’un nostalgique effleurement qui meurt lentement,

Au-delà du temps où le rêve ne compte pas vraiment,

Car chaque morsure le fait hurler, égayé de délivrance.

*

Ce matin, sans mémoire, saignante d’exubérance,

Murmure troublé, dans l’écorchure aride du cœur,

Usé par la clarté gracile d’un bouleversant bonheur,

S’échappe, telle perles de rosée, marqué de fulgurance.

*

En ce matin, sans secrets, si près de ternes béances,

L’âme engourdit les silences, les feux des tourbillons,

S’accoude à l’appel des coups précipités des carillons,

Pour réinventer les courbes d’une dernière romance.

*

© Liz    

Comme pour tenir


 

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Comme pour tenir

 

Comme pour tenir

*

 

Depuis des mois, déjà, aux grains de la mémoire,

J’esquisse ton sourire, petit joyau dans son écrin,

Ambré par l’aurore, usé de temps et de chagrins, 

Tordu en fils des mots, trempé au doux de l’histoire.

*

 

Il traîne parmi les flots d’azurs, criant ses peines,

Volant, tel l’écho grisé, vers l’abysse du creux astral,

Où le divin chant des anges cambre les rives du mal,

D’un blanc discret, saturant le pont des nuits pérennes.

*

 

Parfois, le froid glacé des monts devient ton ombre,

Et sur les chemins, il renverse, sans foi, ton prénom,

Il fredonne, aux cascades des soupirs, son grand renom,

L’allée du royaume en sommeil, l’ultime saison sombre.    

*

 

Puis, l’éternel s’accroche au rêve, aux chairs des lunes,

Parcourant l’univers, animant d’un je t’aime ton reflet,

Au-delà de la cime fragile qui pleure en pas de ballet,

Et veille le poids des paupières tombées dans l’infortune.

*

 

© Liz    

Lueur fragile


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Lueur fragile

Lueur fragile

*

Dans ce silence pesant juste quelques pensées,

Survole le vide résigné, à l’abri des troubles noirs,

Dans l’immensité du regard où le cœur est miroir,

Glissant la douceur de l’aube à la voilure fragilisée.

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Aux portes du ciel fende le trait des voix perdues,

Les perles du brouillard et les embruns des rêves,

L’oubli s’épanche, déchire le temps et l’orage crève,

Délivrant l’immortel sortilège et les douleurs ardues.     

*

Par un étrange accord, là, où se mêlent nos âmes,

Le sort change pour un instant, un précieux mirage,

Clapotis sonore de l’éphémère orné de coquillages,

Par delà des lisières, qui semble effilocher les trames. 

*

Chaque creux de souvenir butine cette lueur fragile,

Petit halo qui me tourmente, chaos qui me déchire,

Dans l’abandon, mon cœur, qu’importe, va franchir,

Le crépuscule muet où se dessine ta silhouette gracile.  

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© Liz    

Naufrage


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Naufrage

Naufrage

*

Comme un murmure incessant, au-delà de temps,

Sans bruits, ni regrets, mais l’œil courbé de peines,

J’oserai bercer mon âme aux bras des aubes sereines,

Lentement, sans repos, vers l’ultime feu du printemps.

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Aux fibres d’une nuée vagabonde, creusée de rides,

Les rêves s’effilochent, miroitement sans conscience,

Sur le fil de l’attente où le sort se bouscule d’impatience,

Puis se perd encore au gré des courants froids et rapides.

*

Comme un désir innocent, au-delà du terrible avenir,

Sans torrs, ni malheurs, mais le sang crispé d’alarmes,

J’oserai noyer mon cœur aux sèves bleutées de larmes,

Doucement, sans remord, pour qu’il arrive à subvenir.

*

Le silence s’éparpille, un dernier baiser dans le vide,

Glisse surpris mais si limpide, tortillé par les erreurs,

Sous l’aile du vent qui dévoile une profonde candeur,

Et la torpeur des heures où naît l’angoisse du jour livide.

*

© Liz   

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