Palette  d’octobre


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Palette d_octobre

 

Palette  d’octobre

 

*

Le calme de l’automne dentelle le cœur du soleil,

Mouillant son front et les sourires sans promesses,

Lorsque l’appel divin soulage et frémit d’allégresse,

Enveloppant le ciel mousseux dans un frisson vermeil.

*

Aujourd’hui, mes soixante ans ficèlent l’émoi des mots,

Trébuchant vers l’horizon, là où l’amour fait surface,

Comme un lendemain lourd à la recherche de ta trace,

Témoin silencieux au creux de ma main, tel un sillon clôt.

*

Et moi qui n’ai su de toi que ce désir de rêves bleus,

Qui guide l’étrange ivresse d’une vie douce et tendre,

Jusqu’au dernier instant qui écume l’histoire en ceindre,

Parmi les quelques ombres posées sur un parcours pieu.

*

Ce jour roux semble suspendu à la fraîcheur d’un soir,

Au-delà du temps, ridé des ans, grisé par l’aube légère,

Cherchant ton regard alors que l’absence reste viagère,

Dans l’obscur hasard décharné par l’abandon de l’espoir.

*

Sans bruits, sans chaleur, le sort griffonne les sourires,

Un hier s’éteint et la brume naît déjà, goutte à goutte,

Sous mes doigts perdus qui déposent près de ta voûte,   

Ce jour rouillé, une rose, une bougie et un souvenir.  

*

© Liz    

 

Au penchant du chemin


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Au penchant du chemin

Au penchant du chemin

*

J’ouvre encor la main devant ce rêve trop blanc,

En ce matin humide qui veille le pas des vagues, 

Enlisé au fond d’une aube de givre, noué en bague,

Jusqu’à l’émoi lourd de brumes et le sanglot franc.

*

C’est l’heure où le silence plonge ses friables éclats,

Au-dessous de ma poitrine, là où fendent les ombres,

À l’endroit où ton cœur se repose en perles d’ambre,

Là où fleurissent les souvenirs, oasis de sourires plats.

*

J’embrasse encor l’illusion d’un présent limpide,

Dans ce vide qui m’écrase, immergé à ton absence,

Quand l’âme se repose auprès de frêles turbulences,

Dont le fracas égrène les chuchotis fades et insipides.

*

Au profond de ma chair ta voix vibre, tamise les jours,

Et l’heure tremble lors la brise miroite la grand-voile,

Dans l’air sauvage, dans l’intime courbature des étoiles,

À chaque fois que la pensée erre au parvis du toujours.

*

© Liz    

Ébauche d’octobre


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Ebauche d_octobre

Ébauche d’octobre

*

Octobre est là, tel un baiser exquis, une délivrance,

Frissonnant à chaque spasme du feuillage endormi,

Sous les cris du silence qui rouille mon cœur terni,

Tanguant au gré des naufrages, brumeux de défiance.

*

L’émoi pousse les murs vers le miroir des frontières,

Pour que l’au-delà m’approche, ô quel saison étrange,

Qui va faner les sourires au milieu de délicats nuages,

Lorsque ton image se perd aux nappes des paupières.

*

Octobre peint mes yeux de beauté et de tristesses,

Sous l’éclat piégé et les pleurs des derniers grimages,

Mon épaule s’alourdit de ton absence, de ces ramages,

Ayant froid dans cet ailleurs sans l’onde de tes caresses.

*

L’instant ourle l’œil de souvenirs, vapeurs d’éternité,

Plus près de lumière, du bruissement de l’air automnal,

Étouffé par les sanglots mortels, un ultime décor banal,

Qui appelle le crépuscule noué aux haillons de fragilité.

*

© Liz    

Partout et pour toujours


 

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Partout et pour toujours

 

Partout et pour toujours

 

*

Le silence se tisse brisant les murs lourds et froids,

Irisant le tréfonds des poussières comme une opale,

Sur le rebord des jours et les aïeux des larmes pâles,

Aux lointaines, jusqu’à l’illusion aliénée aux désarrois.

*

Le songe n’a plus ton souffle, ni ton sourire divin,

En plein ciel se froisse, fixant mon pas d’errance,

Alors que je t’espère lier à mon sort, à l’existence,

Et au muet des serments que j’ai légué à tes ravins.

*

Tantôt, l’aube s’imbibe d’or et les roses de vertiges,

Et aux chais du ciel bourgeonne le pouls des cendres,

Le temps passe, invisible, embrassant la vie en poudre,

Les souvenirs sans âge et l’horizon dépeuplé d’anges.   

*

Je t’ai revu au creux du rêve, tel un courbé de vent,

Ancré aux diaprures, cerclant mes yeux de lumière,

Veillant les embruns qui figent mon cœur aux lisières,

Partout et pour toujours, autour d’un avenir qui ment.

*

© Liz    

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