Tel un vol blanc


Tel un vol blanc

Tel un vol blanc

 

Sous l’onde dormante où traîne la brise rêveuse,

La triste lune soupire ses tourments dans le noir,

En silence, l’étoile s’éveille auprès de frisson du soir,

Glissant son voile, doucement, sur la rive brumeuse.

 

Des ombres froides passent, coulent en avalanche,

Lors, perdues, dans des lointains murmures diserts,

Les pensées muettes se mêlent aux souffles déserts,

Aux chaleurs brûlantes qui frémissent sur les hanches.

 

Parmi les songes endormis une silhouette glacée,

Tourne aux creux du ciel, dans ses bras hésitants,

A vouloir devenir un bel rayon dans l’air transitant,

Teinté d’un coup de grâce, vêtu d’une aube violacée.

 

Dans l’œil éperdu, quel vertige! Au coin de ta bouche

Se pose lentement, contre la chair, tel un vol blanc,

Flottant sur le rivage de chaque battement des flancs,

Douce lumière d’où jaillissent mes paroles farouches.

 

© Liz

L’immortelle


L’immortelle

L’immortelle

 

J’ai vu, parmi les ombres pâles, une immortelle,

Glissant, comme un voile, sur les rameaux diffus,

Lorsque la mousse s’écoule sur ses pétales confus,

Rougissant quand l’air humide la lumière dentelle.

 

D’un geste lent, la fleur cerne l’invisible cendre,

Sous le regard discret des cieux, sertis de diamants,

Où, par hasard, tournent les ailes roses des flamants,

Qui empourpre, délicatement, sa corolle tendre.

 

Par une subtile fraîcheur la main effleure l’ombelle,

Affligée de pli en pli, jusqu’à ses rebords froissés,

Qui, si doux, se penchent vers les limbes angoissés,

Murmurant leurs frémis, délicieuse musique rebelle.

 

Dans son nid mielleux, se mire la lune blanche,

Les flammes de l’horizon, les nuages velouteux,

Les fiévreuses ténèbres, les vertiges duveteux,

L’éternel abysse, si vaste, issu de son âme étanche.

 

© Liz

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