Devant l’épais crépuscule


Devant l’épais crépuscule

Devant l’épais crépuscule

 

Aux draps souples du ciel le temps s’éveille,

Et la première lueur blafarde pique la nuée,

Sous l’écorce du jour l’ombre se niche, arquée,

Serpente, sans troubler les rêves qui veillent.

 

En vols lumineux, si près, les ors d’automne,

En pleurs de saules, odeurs rouges, vulnérables,  

Tombent tristes, une lente mort, indésirable,

Linceul sans sève, frileux, qui flotte monotone.

 

En sanglots muets, la grâce du lendemain pâlit,

Auprès des gerbes de jasmin fanées avec lenteur,

A l’heure du trépasse, l’âme grince de douleur,

Tandis que l’azur sombre fait des hauts toits son lit.

 

Égarée, une étrange pensée se tait sur mon front,

En éclatante parure, ébranlée en bancs de brume,

Tel un flambeau fragile qui fume, plein d’amertume,

Devant l’épais crépuscule brûlant sans aucun affront.

© Liz

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