L’ivresse des accords pianissimo


L’ivresse des accords pianissimo

L’ivresse des accords pianissimo

 

Dans la pénombre, le cœur soupir en vers sibyllins,

Quand le jour rougit, vêtu encore des voix sourdes,

À l’antre des aubes, le pas nu résonne, lueur lourde,

Sous un ciel incertain où le rêve pleure sa toile de lin.

 

D’un trait, lorsque la lumière s’éveille sur les bruits,

Vers l’horizon, le jeu des échos se pointe sur la voûte, 

C’est alors que mon âme cueillit les larmes des flûtes,

Qui bourdonnent sur un pan de vœu en odeur de fruit.

 

Sur le fil d’un lendemain bleu, sans nuages obscurs,

Aux reflets du regard épousant les limbes des corolles,

La source des émotions est l’ingénu son des paroles,

Tandis que leur souffle se précipite, s’incarne d’amour.

 

Dans un bref instant le rêve s’accroche à mes mots,

Comme si, l’au-delà effleure l’étoile qui pendouille,

Devant l’éternité la fusion des âmes s’embrouille,

Laissant aux bruits l’ivresse des accords pianissimo.

 

©  Liz

Liaison invisible


Liaison invisible

Liaison invisible

 

Au loin, le soir glisse sur les marges des nuages,

Et le ciel, bercé de silences, allume l’invisible arche,

Lors le jour épuisé s’éteint au fond des branches,  

Sous l’obscur chemin veillé de cyprès et des anges.

 

Dans la vallée d’antan, perlée de nos printemps,

Le temps rit, passant entre les ondes cristallines,

Frémissant sur la bouche en arome de vanilline,

Baiser enflammé de grains vermeils en contretemps.

 

Sur le mur orné de clochettes bâillent les rêves,

Quand chaque brise agite les maux de la voûte,

Vers ma tempe une étrange caresse prit la route,

Approche! Embrasse-moi avant que la lune se lève.

 

Alors que ton regard tendre devient appât brûlant,

Sous un tapi de flammes la nuit fleurit sur l’aubépine,

Douce et pâle, une rose égarée, hérissée d’épine,

Béni ce crépuscule qui es voué aux plaisirs naissants.

 

 © Liz

Le piège du destin


Le piège du destin

Le piège du destin

 

Aux remous des pensées, s’émiettent les silences,

Et les larmes agitées fouillent les envies des mains,

Pour un instant, enfin, ne plus penser aux chaînes,

Qui aux creux des nuits s’écaillent en cris voraces.

 

Blottie dans son sillage, au long des frémis lents,

Parfois elle virevolte en quelques filoches lascives,

Passagère d’une caresse de cils, de lèvres émotives,

Charmée du souffle léger collé aux échos du vent.

 

Au bout du chemin, le songe tisse le bord du piège,

Moulure ornée de traces rouges, d’ombres tachées,

A ses cotes, le destin agenouillé froisse sa vie hachée,

Sous l’épaisse écorce, en mailles de son, ficelés de liège.      

 

Éveillée, l’aube tisonne dans ses regards insipides,

Sous un ciel moussu, pendouillant en coins de rivière,

Tandis qu’au chevet de l’horizon fleurit une trémière,

Sous la peau des heures encollées aux jours torpides.

 

©  Liz

Quand l’automne frémit


 

 

Quand l’automne frémit

 

Quand l’automne frémit

 

Parmi les arbres grisés s’effile l’ivoire du décor,

Un délicat murmure passe sous la pâle couronne,

Courbant le vent par l’odeur du levant qui ronronne,

Quand la grâce divine s’épanche, poudrées d’or.

 

Le feuillage roux frémit et trace d’étroits sillons,

Lors, en rêvant, l’automne frissonne sur les routes,

Au pied du silence s’écoule la sève, goutte à goutte,

Là, où l’âme hardie s’accorde aux sons du carillon.

 

L’azur vaporeux descend ses reflets assombris,

Là-bas, au gré de la saison, reposent les fleurs fanées,

L’heure est déserte, blessée d’une langueur rubanée,

Dans l’ancien parc où le bruit des ailes rejoint l’abri.

 

Le soir frôleur, entre les branches nues, complot,

Songeant à son sort, troublé de vagues brûlantes,

Face à l’immensité qui balance les cimes ondulantes,

Sous le voile des ombres enguirlandées devant les flots.

 

© Liz

Le souffle du sort


 

 

Le souffle du sort

 

Le souffle du sort

 

Du ciel, l’ombre grise tombe sur les parois du cœur,

En lent frémissement, telle des empreintes baladines,

A travers les saisons, sur leurs sèves incarnadines,

Collant l’automne a la tempe en joli accroche-cœur. 

 

Pendu à l’aube, l’œil poursuit le rêve, brefs passages,

Lorsque les voiles de soie caressent les roses brûlées,

Sous une pluie chaude nacrant les perles immaculées,

Pleurant à trembler l’attente vêtue de doux messages.

 

Les trilles des oiseaux de retour déchirent les nuages,

L’orage tonne, balayant vers l’horizon les ribambelles,

Un calme nostalgique plane sur les fleurs en ombelle,

Et l’ondée coule sur les branches des saules en décoiffage.

 

Aux creux de l’âme, l’émoi passe doucement l’archet,

Sur le secret des cordes, murmurant l’intime tendresse,

Qui fait naître entre les doigts épousés un éclat d’ivresse,

Parfumant le nid par le souffle du sort qui fait un crochet.

 

©  Liz

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