Nos chemins étroits


Nos chemins étroits

Nos chemins étroits

 

J’ai marché sur les tessons des matins infidèles,

 Au détour d’une ombre, bousculant la mémoire,

Perlée de larmes, frisée de promesses illusoires,

Au fond de la douleur qui secoue les rêves frêles.

 

Sans cesse, le silence creuse des vertiges blancs,

Lors l’œil dévore l’impétueux ressac des vagues,

Par son parfum, la rose enivre les collines dingues,

Et la nuée vibre son chant sur le velours des flancs.

 

Au-dessus des songes, un rayon blond et orphelin,

Étreint le chagrin, tisse les traces tordues des lunes,

Saignant son serment sur les toits, ce soir, a la brune,

En mille tisons, morsure cendré sur l’émoi baladin.

 

Sur le visage pâle, flagellé par les soupirs moites,

Le sourire se crispe, la gorge s’ombre de souffrance,

L’amour se brise sur les rocs qui percent la distance,

Ainsi, la courbe de l’horizon barre nos chemins étroits.

 

©  Liz

Désirs atterrés


Désirs atterrés

Désirs atterrés

 

Il y a eu ce temps, griffé par le ricochet des cris brisés,

Qui entaille au fond de moi tous ces absences inutiles,

Jusqu’aux cieux froissés cherchant la lumière immobile,

Entortillant mon âme par l’éclat éploré d’un avenir irisé.

 

Il y a eu ce parfum, chuchotant sur les abords voûtés,

Inondant la trace du passé, le creux des nuits fragiles,

Filtrant le manque de toi a l’orée des ténèbres volatiles,

Alors que les frôlements effritent les émois veloutés.

 

Il y a eu ce regard étincelant, ancré en mots ajourés,

Pour un instant aveuglant la voix des aurores fébriles,

Aux gouffres trop étroits éteignant leurs cendres dociles,

Tandis qu’au bonheur, un aveu il a doucement murmuré.

 

Il y a eu cet amour, au sein d’un vieux chemin enterré,

Des jours teintés d’illusions devant les impasses futiles,

Où l’erreur déferle sous l’ondée d’une douleur hostile,

Et l’oubli fissure la tendresse au grès des désirs atterrés.

 

©  Liz

 

Sur la pointe des lueurs


Sur la pointe des lueurs

Sur la pointe des lueurs

 

Sous le bruissement des ombres hagardes et nues,

Meurent mes pas, délivrés des silences déchirants,

À l’étincelle des sentiments éphémères, soupirants,

Qui entaillent l’amer de l’âme par sa beauté ingénue.

 

Dans l’obscurité du passé, aux reflets des larmes,

Auprès de ces rires vibrant de peine, vers cet ailleurs,

Où l’absence me frôle, où j’ai perdu mes rêves colleurs,

Un fragile bonheur s’effeuille, assourdissante alarme.

 

Sillonnant sur l’écorce des dunes rondes et blondes,

Les parois du cœur se taillent en chemins d’amour,

Quand la voix lancinante des jours devient velours,

Le sablier du temps égoutte l’infini sur l’aube rubiconde.

 

Au-delà de mes faiblesses, sur la pointe des lueurs,

La grâce chante devant l’autel de nos mots passagers,

Mes murmures, à fleur de peau, touchent ton ciel léger,

Qui s’égoutte au seuil de mes yeux flétris, baume qui fleure.

 

©  Liz

 

En braille fugace


En braille fugace

En braille fugace

 

De la vague gorgée d’éclat, berçant l’espoir errant,

Elle fait naître les feux d’une histoire délirante,

Lors dans ses yeux ondoient la douleur mourante,

Le méandre du désir ruisselle dans un silence soupirant.

 

De l’étincelle pourprée, de son regard qui s’efface,

Naît l’émotion d’une pensée, d’une larme opaline,

Face aux chutes des aubes en myriades sibyllines,

Cheminement voilé par le vacarme du destin vorace.

 

D’une promesse hardie, ourlée d’un songe caressant,

Elle fait naître des rondes de rosée en source jaillissante,

Tandis que l’émoi se plie en gouttes frémissantes,

Aux pores de la peau, parure cambrée au souffle rougissant.

 

De l’aiguille du temps qui encorde les matins tenaces,

Naît, enfin, sous les troubles en pleurs de mandoline,

La douceur, au long des frissons encollés en treille câline,

Où halètent mes mots, mes vers estampés en braille fugace.

 

©  Liz

A l’orée des matins blancs


A l’orée des matins blancs

A l’orée des matins blancs

 

J’ai volé a l’étreinte vouée aux nuits brûlantes,

Les pensées collées aux émois des rêves usés,

Douceur veloutée, emmurée aux lendemains refusés,    

Où la buée du passé devient halo des étoiles filantes.

 

De ces bouts de vie que je n’ai pas su abandonner,

Avant que l’émotion naît du bout de doigts ignés,

Un seul instant, j’ai effacé de ton regard éloigné

Le mystère, par les doux mots que j’aime fredonner.

 

Ce soir, sous le miroitement d’un rayon de lune,

Mes paupières voilées par les silences orphelins,

Frôlent d’une larme secrète, pure comme le vélin,

Le bonheur, qui va fleurir a la croisée des dunes.

 

Vers l’infini, l’aube accueillit nos ombres éperdues,

Sur les tempes du ciel l’air froisse les sorts mauvais,

Qui tremblent à l’orée des matins blancs, délavés,

Lors le soleil sillon l’or incendiant nos lèvres ardues.

 

©  Liz

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